Le Parc Guell : carte postale par Juila et Aline.

Publié le 10 Novembre 2008

Carte postale géographique : le Parc Güell




Septembre 2008, par une matinée embrumée, les élèves de lettres sup. du lycée stéphanois Claude Fauriel pénètrent à l'intérieur du Parc Güell situé sur une colline au sud de Barcelone (El Carmel).

Réalisé par l'architecte catalan Antoni Gaudi de 1900 à 1914, le parc est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Il devait être initialement une ville inspirée des cités anglaises, à la demande de son mécène, Eusebi Guëll et devait comporter une chapelle et vingt maisons. Mais face au coût trop élevé, seul deux maisons et le parc furent achevés. La photographie a été prise depuis la place du parc qui surplombe l'entrée.
Au premier plan, on remarque une petite terrasse et derrière elle se trouve l'imposant pavillon d'entrée. Son architecture est spécifique de Gaudi : un toit en triple tour coiffé d'un champignon et recouvert de céramique vernie, de la pierre pour la façade. Le mélange entre angles arrondis et pointus laisse à l'observateur une étrange impression, presque féerique. En effet, le pavillon semble tout droit sorti d'un conte de fée : une sorte de maison en pain d'épice comme le suggère la couleur brunie de la façade, les ronds de céramique de différentes couleurs se transforment en bonbons et les fenêtres en tablettes de chocolat et la forme et la couleur de la toiture évoquent la crème chantilly. Le pavillon inspire donc à la rêverie, à un retour dans l'enfance : on regarde ce pavillon avec des yeux d'enfant et gourmands comme si l'on pouvait avancer le doigt et goûter à toutes ces sucreries avec la même culpabilité que lorsque qu'on volait en cachette des bonbons... 
Cependant, les panneaux d'indication routière qu'on aperçoit dans la rue derrière et l'arrière plan produisent  chez l'observateur un désenchantement. Ce pavillon venu d'un autre temps contraste avec l'univers urbain qui s'étend derrière le parc : ces formes carrées et rectangulaires sont en opposition totale avec les courbes et les arrondis de cette maison. La grue d'un jaune criard et les habitations plutôt anciennes montrent un rapprochement entre deux mondes opposés : le rêve, la féerie et la réalité, la ville. Il ne s'agit pas de beaux pavillons, mais des immeubles et des maisons entassées les uns sur les autres. On peut s'imaginer qu'on se trouve en face des quartiers populaires de Barcelone.
Puis les vieux immeubles laissent place aux gratte-ciel modernes qui surplombent la mer .La présence de ces immeubles montre que Barcelone est une ville au fort dynamisme démographique et qui cherche à optimiser l'espace pour gagner en facilité et en praticité. C'est aussi le signe que la ville est attractive : tourisme mais aussi emploi des jeunes. N'oublions pas que l'Espagne est un des pays de l'Union Européenne qui a vu son taux de chômage baisser le plus. La ville est donc en développement comme en témoigne la grue à l'arrière-plan : elle est en perpétuelle extension.
Cependant il est préoccupant d'observer cette invasion urbaine de plus en plus près du littoral méditerranéen : la présence de l'homme toujours plus marquée et active et la pollution qui en découle risque de mettre en péril la faune et la flore du bassin méditerranéen voire de modifier son écosystème.  D'ailleurs, la mer et le ciel se confondent presque dans cette atmosphère brumeuse due au temps pluvieux mais aussi à cette pollution urbaine. La verdure du parc contraste avec la grisaille de la ville et du ciel qui inspire à l'observateur une sensation d'étouffement et de pollution. Le ciel pluvieux renforce ce contraste entre les deux plans. L'observateur se trouve devant un labyrinthe de rues qui se trouvent comme écrasées par ce ciel orageux, comme menacées par la colère des dieux. Cela explique pourquoi le Parc Güell est un des lieux les plus fréquentés de la ville : les barcelonais viennent prendre une bouffée d'oxygène, s'évader pendant quelques instants avant de retourner dans la tristesse, le stress et le quotidien du monde urbain...

Réalisé par Julia et Aline LS1

Rédigé par François Arnal

Publié dans #cartes postales géographiques

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