La réforme du CAPES : quel avenir pour ceux qui veulent devenir professeur d'histoire géographie ?

Publié le 10 Janvier 2009

La réforme du CAPES :

Sur France Culture débat sur la réforme du CAPES.


Vous pouvez écouter cette émission en différé :

Des professeurs mieux formés parce que formés plus longtemps,
voilà le credo sur lequel s’appuie la réforme qui est en train de se mettre en place dans l’Education Nationale. Et d’ailleurs pourquoi pas ? Recruter les futurs enseignants à bac + 5 et revaloriser leurs débuts dans la carrière pour attirer les meilleurs étudiants, qui serait contre ?

Mais comment les former pour qu’ils soient aussi les meilleurs professeurs possibles ?
En France, nous privilégions depuis longtemps la formation disciplinaire, forts de cette conviction qu’une tête bien faite et bien remplie est la meilleure garantie d’un bon enseignement. Ailleurs en Europe, on semble persuadé que l’enseignement lui-même s’enseigne : la place faite à la formation strictement professionnelle (stage, didactique,…) est largement supérieure à celle que nous lui faisons.


Avec la réforme en cours, verra-t-on la spécificité française disparaître ?
Oui et cependant non.
L’idée de former demain les futurs professeurs à l’Université n’est pas mauvaise en soi, elle mettrait fin à la durable polémique qui entoure les IUFM depuis leur création mais l’Université axée par nature sur la transmission des savoirs sera-t-elle capable d’assurer la prise en charge des candidats sur le plan professionnel ? En a-t-elle les moyens et les compétences ?

Quant aux nouvelles formes du concours, elles provoquent elles-aussi le mécontentement, vidant les épreuves de leur contenu disciplinaire, au profit de la pédagogie, et risquant cette fois de tordre le bâton dans l’autre sens.
Place au débat.


L'épreuve sur dossier (l'ESD) disparaîtrait au profit d'une épreuve de recrutement (un entretien d'embauche)  devant des chefs d'établissement sur la connaissance générale du système éducatif et administratif.. De même une épreuve tous azimuts testant des connaissances générales l'histoire générale de l'humanité) et superficielles présente un risque majeur. Le CAPES ne peut devenir le Jeu de Mille euros, ou Questions pour un Champion.

    Invités
 
Laurence de Cock.  Professeur agrégée d'histoire (a enseigné 10 ans en ZEP à Nanterre)
Formatrice à l'IUFM de Versailles
François Perret.  Doyen de l'inspection générale du ministère de l'Education Nationale
François Dosse.  Historien et philosophe
Professeurs des universités à Paris 12 et à l'IEP de Paris.
Martin Andler.  Professeur de math à l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines

La réforme du CAPES entraîne des réactions virulentes de la part de la communauté des historiens-géographes. François Dosse et d'autres ont mis en ligne un appel depuis décembre 2008 signé par plus de 1000 collègues et font part de diverses contributions pour améliorer et non détruire la formation des profs d'histoire-géographie et leur recrutement :

"La précipitation avec laquelle est menée la réforme du recrutement des enseignants a jusqu’alors largement empêché qu’un vrai débat s’instaure sur le contenu de cette réforme. Ce premier constat justifie à nos yeux la demande d’un moratoire pour la mise en œuvre des nouvelles dispositions, d’autant plus que le cadrage actuellement proposé laisse de nombreuses dispositions concrètes en suspens. Ce moratoire devrait au minimum permettre une mise au point d’un cadrage national précis des nouveaux masters établi par discipline. Parmi les mesures proposées celle qui supprime le stage en responsabilité des néo-titulaires nous semble particulièrement lourde de conséquences négatives : il est nécessaire que les néo-titulaires puissent bénéficier d’une décharge de cours très significative pour bénéficier d’une vraie formation professionnelle en liaison avec leur pratique de classe (formation en alternance). Concernant les autres mesures et sans prendre ici position sur l’économie générale du dispositif proposé par le ministère, nous tenons à faire des remarques de principe que nous inspire l’expérience de nos enseignements et de la formation des enseignants en histoire et en géographie" :
Christian Delacroix François Dosse et Patrick Garcia.

Rédigé par François Arnal

Publié dans #geofac

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