Carte postale géographique d'Agrigente et ses temples par Camille M

Publié le 9 Juillet 2011

 

 

CARTE POSTALE GÉOGRAPHIQUE : Agrigente (Sicilia)

 

 

Agrigente et sa vallée des temples offrent un site exceptionnel de plusieurs monuments chargés d'histoire et de signification. Du temple de la Concorde à celui d'Hercule en passant par celui d'Hera ou de Junon, les restes Antiques sont tout aussi importants qu'imposants.

 

Camille Mourier carte postale

Photo Camille M. Juin 2011

 

C'est du temple de Jupiter (un des plus importants de l'Antiquité : 113m x 56 m) qu'on a aujourd'hui le moins de restes. En effet, il a été détruit par les Carthaginois puis les divers séismes ; seul un Télamon - ou Atlante - (statut de 7,5m de haut qui se tenait à la verticale et supportait à l'origine le toit de l'édifice) témoigne encore de sa construction. Le temple de Jupiter avait la particularité d'être de forme « pseudo-périptère » c'est à dire pas uniquement entouré de colonnes libres, mais de demi-colonnes, entre lesquelles se trouvait par alternance un Télamon.

 

Agrigente-maquette.jpg

la maquette du temple de Jupiter au musée d'Agrigente. Noter la taille des colosses (Télamon). Photo F Arnal

 

Un seul d'entre eux demeure encore sur le site mais on en trouve également une reconstitution au musée de la vallée des temples.

 

C'est sous un soleil souvent de plomb que les touristes peuvent aujourd'hui découvrir ce site Antique unique et si bien conservé. Pendant la matinée où nous y avons déambulé nous avons eu le temps de voir différentes choses et de nous imprégner véritablement du lieu, accompagnés, touristes que nous étions, de nos appareils photos.

J'ai choisit d'immortaliser cette scène car je l'ai trouvé particulièrement représentative des deux visages – antagonistes - de la Sicile. Cette terre de conquête aux influences les plus variées (Grecques à Arabo-Normandes...) possède un patrimoine historique et un potentiel culturel considérable qu'il me semble important d'étudier pour en saisir l'ampleur et la portée. En effet, je m'étais personnellement déjà rendue à Agrigente en classe de 2nde dans le cadre d'un échange linguistique avec des correspondants et nous l'avions visité simplement parce que c'était un des lieux célèbres de Sicile. Ce n'était mis en parallèle avec aucun travail en classe puisque l'enjeu du voyage était surtout linguistique. Cette année j'ai trouvé plus intéressant de me rendre dans la vallée des temples et j'ai été plus « touchée » par la visite car j'y venais en connaissance de cause, en sachant à quoi rattacher ce que je voyais étant donné que nous l'avions traité en cours.

 

En définitive, il me semble que la richesse culturelle de la Sicile contraste avec la mise en tourisme massive et la (presque) vulgarisation des lieux, qui accueillent des milliers de touristes chaque année. Sur la photo un homme pose aux cotés de la statut, traditionnel souvenir du touriste lambda qui peut affirmer à son retour - image à l'appui - « j'y suis allé! ». Avec son sac à dos, ses lunettes et sa peau blanche ce dernier a l'allure d'un parfait touriste de nos jours, ce qui détonne aussi particulièrement avec le cadre historique qui l'entoure. Cependant cela montre aussi que des siècles après, les traces de la civilisation grecque demeurent et « revivent » car on les fait connaître et on tend à les comprendre.

 

On peut enfin souligner qu'à l'arrière-plan, la ville qui « mange » le paysage illustre bien l'urbanisation dont fait objet la Sicile, cela contraste avec le premier plan plus « sauvage » et « naturel ». En outre, ceci nous rappelle que le prétexte culturel n'est qu'un des aspects de la mise en tourisme, puisque cette activité fait largement vivre l'île à travers les commerces, restaurants ou complexes hôteliers... Il y a donc bien une opposition entre ceux qui se rendent en Sicile - en tant que touristes - et ceux qui y vivent, connaissant la réalité des difficultés économiques de cette région du Mezzogiorno quelque peu lésée par son gouvernement.

 

Ainsi, cette photo s'avère intéressante car elle illustre bien les oppositions qui jalonnent la Sicile, ses paysages sauvages et naturels font face à l'urbanisation, le patrimoine culturel fait face à la mise en tourisme... Cependant même si l'on peut déceler ce genre d'imperfections, la Sicile reste un espace attractif, marquant, dont on revient chargé de beaux souvenirs.

 

 Camille M. Juin 2011.

HK42 (hypokhâgne Fauriel)

D'autres photos ici.



Rédigé par François Arnal

Publié dans #cartes postales géographiques

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