Carte postale géographique d'Herculanum par Kevin C

Publié le 11 Juillet 2011

Kevin Christin Herculanum

Photo Kevin Christin Juin 2011

 

Sur cette photographie on peut voir les restes de la ville d’Herculanum, située près de Naples, qui subit en 79 ap. J.C. le même sort que Pompéi.

 

 

Engloutie par la lave du Vésuve sur 12 à 20 mètres d’épaisseur, la ville antique d’Herculanum constitue aujourd’hui un héritage d’une grande valeur et a permis d’enrichir nos connaissances en matière d’architecture romaine mais aussi en ce qui concerne la peinture, le quotidien des Romains, leurs coutumes, etc… Cependant, la ville antique ne constitue que le premier plan de la photographie et l’on peut distinguer au second plan la ville telle qu’elle est aujourd’hui. La ville antique s’inscrit donc au cœur de la ville « moderne » et c’est leur proximité qui m’a le plus frappé ; j’ai ainsi tenté de la faire ressortir sur cette photographie.

 

            Pour revenir à ce sentiment de proximité, ce qui m’a tout d’abord marqué lors de la visite du site, c’est la découverte d’une ville vieille de deux mille ans qui ne m’a pourtant pas semblé si différente des villes actuelles : les Romains avaient déjà mis en place une forme urbaine qui se retrouve encore dans nos villes. La confrontation de ces deux paysages urbains permet donc de constater jusqu’à quel point on peut bien parler d’un héritage légué par la civilisation romaine. Mais il en va de même pour les coutumes de ses habitants. Il est, en effet, intriguant de constater la similitude entre le comportement de ces hommes qui nous semblent si lointains et notre façon de vivre actuelle : on retrouve dans le site d’Herculanum des commerces de la vie quotidienne, des lieux liés aux loisirs, mais aussi des peintures qui venaient orner l’intérieur des maisons… En bref, je voulais refléter sur cette photographie la proximité physique et temporelle qui unit  la ville moderne et antique.


            Mais ce que j’ai aussi trouvé frappant, c’est le clivage entre le soin accordé à la préservation du site antique (une zone était même en restauration lors de notre visite) et l’état de la ville qui apparaît au second plan. Alors que nous étions encore en France la veille, ce paysage urbain fut le premier auquel nous avons été confrontés. Je l’ai ainsi trouvé quelque peu dépaysant car, tel que je le percevais, il m’apparaissait comme une juxtaposition de bâtiments, un enchevêtrement d’immeubles en décrépitude. Sur cette photo, on constate l’influence qu’exerce la mafia napolitaine dans cette région d’Italie : j’ai ainsi pu noter que les bâtiments d’état ou les zones à but touristique étaient entretenus alors que les habitations se dégradaient au fil du temps. C’est donc aussi ce sentiment de confusion qui, je pense, ressort sur cette photographie.

 

Herculanum Vésuve F Arnal

Herculanum dominé par le Vésuve. Photo F Arnal 2011

 

            Enfin, la confrontation du site antique et de la ville « moderne » nous pousse à nous interroger quant aux fins du développement urbain actuel. En effet, même si la conservation du site est due à une catastrophe, il apparaît clairement dans le modèle antique une volonté de perdurer à travers le temps, notamment en ce qui concerne les édifices religieux. Or, la ville qui s’étend derrière le site est au contraire attaquée par le temps, elle renforce le contraste entre la pensée antique et notre façon de considérer la marque que nous laisserons dans le temps. Cette photographie témoigne donc d’une dynamique actuelle qui concerne le paysage urbain et plus largement notre conception du temps : nos habitations sont avant tout utilitaires et peu importe qu’elles soient toujours debout au fil du temps. Ce qui apparaît donc, c’est que la société romaine était tournée vers une postérité alors que nous, modernes, sommes ancrés dans un présent qui concentre nos préoccupations.

 

            Si cette photographie nous rapproche de cette civilisation romaine qui nous a tant marqués et qui continue de nous influencer, elle permet aussi de prendre un certain recul par rapport à notre propre société et sa continuité dans le temps. Mais ce recul peut aussi être source d’un vertige : quelle image de notre civilisation léguerons nous aux générations futures ?

 

Kevin C HK42 Lycée Fauriel St Etienne.

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Rédigé par François Arnal

Publié dans #cartes postales géographiques

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