Carte postale géographique du temple de la Concorde à Agrigente par Élise

Publié le 17 Juillet 2011

 

C'est à Agrigente, ville fondée en 582 avant J.C par les Grecs sur la côte Sud de la Sicile, dans le parc archéologique de la « Vallée des Temples » , que l'on peut admirer le temple de la Concorde. Sa construction remonte environ à 440 avant J.C, c'est le mieux conservé de tous les temples de Sicile.

 Agrigente Temple de la Concorde FTD

Photo Franck Thénard Thuvivier Juin 2011


Sur cette photo on peut l'apercevoir de face, avec ses 6 colonnes de style dorique composant la première façade de son périptère. Étant construit sur une crête (malgré le nom de « Vallée des Temples »), sa position dominante renforce son aura et lui confère un caractère majestueux. En arrière-plan sur sa gauche on devine la mer, même si la ligne d'horizon semble l'unir avec le ciel dont la couleur témoigne assez mal de l'écrasante chaleur de cette matinée durant laquelle nous avons visité ce site. A droite du temple, toujours en arrière-plan, une colline assez urbanisée donne un aperçu du littoral et du relief sicilien, et ne peut que suggérer la présence du paysage urbain qui s'offre au regard depuis ce site antique.

 

 

carte postale géographique Elise D

photo Élise De Menech Juin 2011.

 

Cette autre photo illustre parfaitement le contraste constamment présent dans le paysage sicilien entre le présent et le riche passé culturel de l'île, dont ce temple se fait l'écho et qui résonne encore avec force à travers toute la Sicile. Cet écho paraît être amplifié par la distance presque respectueuse du bâti urbain par rapport au temple, bien que celle ci soit certainement plus due aux nécessités de la mise en tourisme.

 

Mais ce qui m'a le plus marquée et qui contribue vraiment à la spécificité de ce site de la « Vallée des Temples », et qui est parfaitement illustré par la première photographie, c'est la présence aux côtés des différents temples et monuments, d'œuvres contemporaines qui installent, elles aussi, un dialogue entre présent et passé.

Elles ont été réalisées par un artiste polonais, Igor Mitoraj, ce sont d'imposantes statuts en bronze inspirés de personnages mythiques.

Les corps de ces personnages sont pour la plupart démembrés, sur la photo c'est un visage qui s'impose au premier plan et derrière est visible un corps de femme sans bras ni tête. On a l'impression que ces morceaux de corps, qui rappellent le style grec classique, ont eux aussi traversés le siècles et sont, comme les temples, des vestiges de la civilisation grecque.

Tous ces corps, malgré leur caractère parfois mutilés, présentent une certaine proportion et ils m'ont immédiatement fait penser au culte du beau corps pratiqué par les grecs. Peut-être peut-on imaginer un message de la part de l'artiste consistant à rappeler en même temps la grandeur d'une civilisation ainsi que la fragilité des corps et au delà la fragilité des hommes malgré leurs ouvrages qui traversent le temps.

La tête visible de profil se caractérise, malgré sa grandeur, par une finesses des traits assez impressionnante et une certaine noblesse s'en dégage. Devant le visage on remarque un projecteur servant sans doute à produire des effets de lumières à l'occasion de visites ou d'expositions nocturnes. Ces projecteurs sont placés un peu partout sur le site et témoignent d'une volonté de créer une véritable mise en scène de ce paysage exceptionnel.

C'est en tout cas la beauté et la fragilité du corps qui sont interrogés par ces œuvres ponctuant le site et qui mêlent fragilité et noblesse, comme pour humaniser les mythes ou mythifier les hommes.

 

Agrigente F Arnal

Photo F Arnal Juin 2011

 

Ainsi on voit bien, à travers cette photographie, l'utilisation à la fois touristique mais aussi artistique du paysage qui est le fruit de différentes interprétations, nées des différentes sensibilités humaines à l'égard de ce site.

Cette expérience fait appel aux filtres sensoriels à travers lesquels on appréhende toujours un paysage.

 

Élise De Menech

HK42 Fauriel

D'autres photos ici.

Rédigé par François Arnal

Publié dans #cartes postales géographiques

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