Carte postale géographique par Nina : Syracuse et la presqu'île d'Orthygie.

Publié le 29 Août 2011

 

            " J'aimerais tant voir Syracuse " ...


Et nous sommes partis voir Syracuse, au sud est de laSicile, au bord de la mer Ionienne.

 

Syracuse

Syracuse Photo Nina Michalsky Juin 2011

 

            Nous ne sommes plus du côté des hautes collines de Ségeste ou Sélinonte, nous sommes aujourd'hui à Syracuse, une ville qui était considérée par Cicéron comme la plus belle cité du monde, rivale d’Athènes par la puissance et le prestige.

            A Syracuse, la beauté du paysage réside dans le charme d'une petite ville. Ville située sur un site splendide au creux d'une baie, et dont les principaux témoignages de son passé glorieux se trouve sur l'île d'Orthygie qui prolonge la ville moderne.

            Je suis restée très admirative devant ce paysage urbain qui donne à la presqu'île d'Orthygie des airs de Venise : devant nous un petit port où les bateaux de pêcheurs restent amarrés, attendant sagement qu'on les emmène en mer. La ville semble si calme,  comme déserte, comme si l'habitant avait cessé toute activité pour nous laisser le passage, l'esprit libre de découvrir tout le charme de l'île en cette magnifique journée de juin, une journée où le ciel d'un bleu très azur, semble se confondre avec la mer à l'horizon.  

Ce splendide paysage qui s'offre à nous, nous laisse imaginer la vie que les habitants peuvent mener ici: on devine le bruit très calme des oiseaux survolant le port, les marchands d'épices du marché tout près des vestiges du temple d'Apollon, laissant dans les petites ruelles, une légère odeur méditerranéenne, les pêcheurs rentrant au port en fin de journée quand un petit air rafraîchit la ville, le soleil se couchant le soir sur la mer Ionienne ensevelissant la ville sous une douce couleur orangée...

Une magie semble flotter sur Syracuse. Cœur spirituel et physique de cette ville, l’île d’Ortygie (Ortigia) nous laisse découvrir un véritable palimpseste culturel où toutes les époques , que ce soit grecque, normande, aragonaise ou baroque, s’entremêlent dans une belle harmonie, faisant de cette ville, une ville unique.

 

Syracuse

Syracuse,  l’île d’Ortygie : des airs de Venise. Photo Nina Michalsky Juin 2011

 

            Si l'on regarde bien le paysage face à nous, on aperçoit déjà les fenêtres géminées du palais de style néogothique, d'un rouge effarant, appartenant à la demeure du poète Antonio Cardile.

 

Syracuse

Le Théâtre d'Appolon.  Photo Nina Michalsky Juin 2011

 

 

 

            Tout, dans cet havre de paix, participe à charmer les visiteurs curieux. Le Ponte Nuovo d'où cette photo a été prise, qui relie l'île à la terre ferme, mène à la Piazza Emanuele Pancali, prolongée par le Largo XXV Luglio, sur lequel s'élèvent les ruines imposantes du temple d'Apollon, construit en 565 avant JC. et considéré comme le plus ancien temple grec de Sicile. Si ces ruines peuvent paraître décevantes, elles sont pourtant le reflet d'une Antiquité que Syracuse a laissé survivre. Un œil sceptique se pose d'abord sur ces ruines en contrebas comme un trou vers le passé au beau milieu de la ville; on pourrait croire qu'une météorite est passé par là laissant apparaître un passé qu'on aurait voulu enfouir sous le sol. Il ne reste pas grand chose du temple d'Apollon et pourtant ces ruines sont le symbole d'une Antiquité très glorieuse pour la ville de Syracuse. Ce n'est d'ailleurs pas, sur la presqu'île, l'unique symbole de cette période.

 

Syracuse

Le front de mer, Photo Nina Michalsky Juin 2011

 

Après une ballade sur le front de mer, côté plus touristique de la ville, bordé de marchand de glaces artisanales, on arrive sur la place d'Archimède, plus vivante en ce jour de juin, (cette place doit son nom à l'habitant le plus célèbre de la ville de Syracuse), où on peut en effet admirer la belle fontaine mythologique d'Aréthuse où poussent des papyrus ; Aréthuse est une nymphe qui, selon la légende, aurait été transformée en source par Artémis; encore un monument qui semble sorti de nulle part, un monument qui transforme la ville et lui donne quelque chose d'unique.

 

 

Syracuse

Les rues de Syracuse. Photo Nina Michalsky Juin 2011

 

            Un peu plus loin, de splendides ruelles pavées, dominées par ces balcons en fer forgé, nous mènent à la cathédrale du Duomo qui s'impose sur la très belle et très calme Piazza del Duomo.

 

Syracuse

Piazza del Duomo Photo Nina Michalsky Juin 2011

 

Puisqu'elle fut construite en 1693, sur les ruines encore en bon état du temple d'Athéna datant de -480 avant JC., cette cathédrale est elle même un palimpseste historique et culturel.

Monument assez extraordinaire, cette cathédrale chrétienne laisse apparaître une façade baroque et pourtant à l'intérieur, surprise, de gigantesques colonnes en marbre des Cyclades apportent à la cathédrale une atmosphère très austère et antique. Sur cette magnifique place, on peut aussi apercevoir le palais Benevantano del Bosco, reflet d'une époque baroque tardive en Sicile mais florissante; un palais qui est d'ailleurs reconnu comme « l'une des réalisations les plus achevées du baroque de Syracuse ».

 

            Orthygie est le cœur historique de la ville de Syracuse, marqué par une richesse et une diversité architecturale frappante, et qui est d'ailleurs, depuis 2005, inscrit au patrimoine mondial établit par l'UNESCO. Ainsi s'y mêlent modernité et héritages antiques, nature et architecture à la fois ancienne et moderne. Une ville qui m'a semblé si animée et pourtant déserte, en tout cas, une ville qui m'a beaucoup marqué.

 

 

 

Syracuse

Le théâtre grec Photo Nina Michalsky Juin 2011

 

            Syracuse plus archéologique est distant de la presqu'île mais il suffit de franchir de nouveau le Ponte Nuovo et de gagner le site de Neapolis, unique au monde pour apercevoir le théâtre grec, le plus grand d'Occident, formidablement conservé.

 

 

Syracuse

l'Oreille de Denys Photo Nina Michalsky Juin 2011

 

 

            Non loin du théâtre, un chemin bordé d'orangers et de citronniers, nous mène aux latomies du Paradis, une ancienne carrière de pierre où s'échinaient esclaves et ouvriers. On peut voir encore l'empreinte laissée par le tyran Denys (-406 -367 avant JC.) dans la caverne qu'on appelle l'Oreille de Denys, à l'acoustique exceptionnelle : la légende raconte que le tyran espionnait les confidences des prisonniers qu'il enfermait à l'intérieur.

Autour de la caverne, on peut se balader dans un splendide jardin, à l'ombre des magnolias, des citronniers et croiser par moment un figuier de barbarie qui pousse sur un rocher, arbre original omniprésent en Sicile.

 

 

            Syracuse restera pour moi, la plus belle ville de Sicile, et c'est envahie par un flot d'émotions et de sensations que je termine cette journée, quelques pas encore sous une chaleur étouffante pour rejoindre le car dans lequel nous remontrons, prendre un dernier éclat de rire en voyant un camarade repartir avec un éventail totalement "kitchouille" sous le bras sans même se rendre compte qu'il vient de l'"emprunter" à un petit vendeur au bord du canal...

 

Nina Michalsky

Khâgne 42 Fauriel


D'autres photos de Syracuse ici :

Rédigé par François Arnal

Publié dans #cartes postales géographiques

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