Carte postale géographique Un chauffe-eau solaire, près de la citadelle de Clermont (Grèce)

Publié le 6 Septembre 2010

Par Antoine M.

 

Cette maison se situe à proximité de la forteresse Chlemoutsi ou château de Clermont (construit sous la principauté franque de Morée au XIIIe). Elle se trouve sur la colline de la péninsule de Kyllini dans l'Ouest du Péloponèse et cache un beau panorama sur l'île de Zantedans la brume. Cette maison fait partie du village de Kastro-Kyllini (sur le littoral Ouest du Péloponnèse, à 70 km au sud de Patras).

 

chauffe eau

 

Prendre cette photo et l’analyser m’a semblé intéressant du point de vue de la vie pratique, des énergies renouvelables dans le quotidien, et donc du lien avec le sujet de cet année, « Les énergies dans le monde : étude géographique ». Justement, la valeur géographique de cette photo réside entre autres dans le fait qu’on peut apercevoir la mer derrière. Preuve de l’ensoleillement que confère le climat méditerranéen du littoral grec, propice aux énergies renouvelables, aussi bien solaires qu’éoliennes. Cette photo est prise en été. Mais l’hiver, ou en cas de mauvais temps, ou même encore la nuit, l’énergie d’appoint (gaz, fioul, électricité, bois…) vient apporter l’énergie manquante (résolvant ainsi le problème majeur du solaire, l’intermittence). Il faut dire que l’hiver méditerranéen est doux, sans gelées, or mettre de l’antigel dans l’eau (ni dans le dentifrice) n’est pas forcément la meilleure solution…

Derrière le nom barbare « Chauffe-eau solaire monobloc à thermosiphon », sans doute de marque Vormann ou Calpak (assemblé en Grèce, construit en Chine), se cache en réalité un principe simple : utiliser le soleil pour chauffer l’eau (et ainsi économiser électricité et argent). Ici on observe non des panneaux photovoltaïques transformant le Soleil en électricité, mais des capteurs solaires, qui eux chauffent l’eau. On a souvent croisé ce genre d’installation lors du voyage en Grèce. C'est un système simple, efficace et peu coûteux, entre 700 et 1000 euros (sur le long terme, l’investissement de base assez conséquent est largement amorti). Mais le ballon se refroidit rapidement, même s'il est bien isolé. Il sert à préchauffer l'eau qui alimente un équipement classique existant. Ce chauffe-eau est compact et bien adapté à la pose sur supports inclinés, en toiture, et fournit l’eau chaude sanitaire de la maison. Il produit 40 à 80% des besoins en eau chaude pour une famille.

Il comprend 3 parties :
- Un capteur thermique, qui transforme le rayonnement du soleil en chaleur
- Un groupe de transfert, qui assure la circulation et la régulation (tuyauterie)
- Un ballon de stockage de l’eau sanitaire

chauffe eau solaire

 

Source : http://www.outilssolaires.com

 

Au niveau économique, « Les chauffe-eau solaires sont bien vendus en Grèce depuis 25 ans. […] Les premiers chauffe-eau solaires ont été importés d'Israël ou de Chypre pour se substituer aux chauffe-eau électriques, car l'électricité coûtait cher et les coupures de courant étaient fréquentes. Ensuite, les fabricants grecs ont pris la relève, avec peu de changement dans les techniques ou les méthodes de fabrication.

Le marché en Grèce ne peut pas être comparé avec le marché en France ou en Allemagne, car il n'y a pas d'intégration architecturale, de garanties décennales ou de subventions.

Actuellement le marché stagne et les constructions neuves sont généralement conçues sans chauffe-eau solaires. Libre aux propriétaires de les ajouter ensuite, et par rapport au nombre d'habitants, il y a plus de capteurs en Autriche qu'en Grèce. »

Pour une carte postale, je n’ai pas pris un exemple « exotique » : on retrouve la tendance à l’économie d’énergie, tendance au moins aussi prononcée qu’en France, où le photovoltaïque se multiplie sur les toitures. Comme quoi, même à l’étranger, on n’est parfois pas toujours aussi dépaysé qu’il n’y parait : on retrouve les mêmes logiques politiques de développement, de mise en valeur de l’énergie renouvelable au niveau individuel !

Certes, Grèce, Turquie et Israël sont des pays « champions » du chauffe-eau solaire, mais un pays où tous les foyers seraient équipés de ce genre d’énergie relève -du moins pour l’instant- encore de l’utopie.

 

Antoine M

Khâgne 42 Lycée Fauriel

photo prise en Juin 2010

 

d'autres photos du voyage d'étude des prépas littéraires de Fauriel ici :

Rédigé par François Arnal

Publié dans #cartes postales géographiques

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