L’Etna, « la colonne du ciel » carte postale géographique par Dimitri

Publié le 12 Juillet 2011

 

L’Etna, « la colonne du ciel »

 

 

Etna Dimitri

photo Dimitri Millefiori 2011

 

Une légende veut que la Sicile batte au rythme d’Encelade, ce géant enfermé par la déesse Athéna sous le volcan de l’île : l’Etna. Les laves et les fumerolles seraient alors son haleine enflammée et chacun de ses mouvements pourrait ébranler l’ancienne Tricanie. C’est ainsi que les Siciliens ont longtemps expliqué les frasques de cette montagne noire, force à la fois bienfaitrice pour la fertilité qu’elle apporte aux terres siciliennes, et malveillante, comme elle sème mort et destruction. La Sicile, fabuleux terreau d’une civilisation originale, en proie tout au long de son histoire aux ambitions des empires méditerranéens, est l’œuvre de ce colosse dont le nom dérive du phénicien Attuna, fourneau, qu’elle craint presque autant que l’envahisseur. Mais si la Sicile, grenier à blé de l’empire romain et joyau touristique de l’Italie, est une œuvre née de la forge etnéenne, elle dépend de son créateur qui la retravaille sans cesse et qui pourra un jour l’anéantir.

Cependant, malgré les légendes, ce volcan qui figure parmi les plus actifs au monde, effraie plus par l’imaginaire qui l’entoure que par ses coulées de lave qui n’ont fait qu’une centaine de morts en 2000 ans. En effet, le danger des volcans a traversé les âges depuis l’épisode dramatique de Pompéi et d’Herculanum, cités enfouies sous des torrents de laves et de cendres. Depuis, on a tendance à imaginer le volcan comme cette force brutale et fourbe, en oubliant la distinction entre volcans effusifs et explosifs. Si ces derniers, comme le Vésuve, peuvent anéantir la vie à plusieurs kilomètres à la ronde, les volcans effusifs, dont fait partie l’Etna, ne présentent presque aucun danger comme la lave sort en flots continus et modérés.

 

plaine de Catane Arnal F

La plaine de Catane Photo F Arnal 2011

 

Mais nous ne pouvons nous détacher de nos représentations traditionnelles en apercevant le flanc Est de l’Etna derrière les vitres du car, embaumé de légendes telles que les sacrifices qu’on y a longtemps pratiqués. Nous sommes passés au pied de l’Etna sur le trajet pour Syracuse : la forteresse obscure se découpait sur un ciel disparaissant avec le crépuscule si bien que nul détail ne tranchait de cette masse sombre. Les faîtes des cônes adventifs s’égrainaient sur les flancs du cône volcanique principal comme autant de cheminées entre les caldeiras. Plus haut, le soleil écrasant de la journée agonisait entre les colonnes de fumée, seuls éléments témoignant de l’activité volcanique de l’Etna. Loin de nos volcans d’Auvergne endormis, l’Etna était en vie ! Nous pourrions penser à Pindare qui dépeint l’Etna comme la « colonne du ciel », pour imaginer cette muraille de 3300 mètres de haut ou encore à la mythologie grecque qui voudrait qu’Héphaïstos y martèle les armes des dieux pour décrire la majesté du volcan sicilien. En fin de compte, les paysages époustouflants où s’égrainent des myriades de colonnes et de statues, reliquats d’un âge d’or oublié, les plaines balayées par le soleil et les littoraux paradisiaques : tout vient de la montagne noire et effrayante qui plane au-dessus d’eux !

 

Dimitri Millefiori

Juin 2011.

HK42 (hypokhâgne Fauriel)

D'autres photos ici.

Rédigé par François Arnal

Publié dans #cartes postales géographiques

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