L’homme face aux ruines. Carte postale géographique de Sélinonte par Guillemette.

Publié le 7 Septembre 2011


Sélinonte Rimbaug G

Photo Guillemette Rimbaud 2011

 

Sur cette image on peut voir un paysage aux lignes très géométriques, coupé en son milieu à l’horizontale, délimitant d’un côté l’horizon, le ciel bleu pur de Sicile et de l’autre les ruines d’un temple de Sélinonte. En effet, ces ruines ne sont pas ordinaires, ce sont celles s’un ancien temple grec détruit il y a plusieurs milliers d’années par un tremblement de terre.

Sur la ligne d’horizon  un homme se tient debout, au milieu des ruines, immobile, le regard tourné vers la mer.

 

J’aime ce paysage car il représente la lutte « éternelle » de l’homme contre la nature, un combat qui a commencé depuis des millénaires. D’un coté les hommes, voulant dompter la nature et la terre en lui imposant des monuments, comme des temples, de l’autre, la terre qui s’est « vengée » avec un tremblement de terre. Et en réponse, les hommes on voulu reconstruire. L’homme debout dans les ruines symbolise aussi le conquérant, le maître, qui veut dominer l’œuvre de ses aïeuls, alors même qu’il est fasciné par elle. C’est donc, en même temps qu’un combat entre l’homme et la nature, une lutte pour la grandeur des hommes à travers les époques.

 

Ce paysage est aussi le symbole du passage du temps, notamment au travers des ruines. L’homme, malgré son génie, est donc soumis aux aléas du temps qui passe et ne peut que contempler les désastres qu’il provoque. De plus il n’y a quasi ni arbre ni végétation : le paysage semble figé, quasi mort : où est donc la vie dans ces ruines ? En même temps, le ciel bleu et ensoleillé symbolise aussi une sorte de renaissance : hélios, (le soleil en grec) est vigoureux, jeune, et plein d’avenir. Ce sont donc les contraires, les opposés qui sont réunis dans ce même paysage, avec l’homme pour témoin, à la fois responsable et impuissant. Il ya donc une réelle ambigüité dans ce paysage qui est à la fois intemporelle et vestige du passé, essoufflé mais aussi très vivant, beau et triste à la fois.

 

Sélinonte F Arnal

Photo F Arnal 2011

 

Et puis j’aime aussi ce paysage, pour sa beauté tout simplement. Avec ses lignes épurées, droites, coupantes, cette immensité, car le paysage ne semble pas avoir de fin. Séduite par cette idée de confrontation permanente et d’immobilité du monde dans lequel nous vivons, et en voyant ces ruines, se sentir drôlement proche des hommes de l’antiquité, qui somme toute, avaient les mêmes préoccupations que nous : la beauté et la grandeur pour s’imposer dans un monde toujours plus sauvage. Et il traduit, tout en simplicité mais avec toute la complexité, les liens entre l’homme et la nature. En un sens, cette image est un paysage d’éternité.

 

 

Guillemette Rimbaud

HK 42 Lycée Fauriel

D’autres photos de Sélinonte ici :

Rédigé par François Arnal

Publié dans #cartes postales géographiques

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