Le Théâtre d'Epidaure : carte postale géographique par Emilie B

Publié le 19 Septembre 2010

Epidaure Emilie B

 

Sur cette photo, prise le samedi 12 juin 2010, nous sommes désarmés face à la beauté du site d’Epidaure, qui compte parmi les lieux les plus séduisants de la Grèce.

Le site archéologique, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, est une oasis de paix perdue au cœur des montagnes de l’Argolide dans la région du Péloponnèse. Durant l’Antiquité, les pèlerins accouraient de toute la Grèce pour se faire soigner par Asclépios, dieu guérisseur, dont le sanctuaire est abrité non loin de ce théâtre. Comme dans tous les sanctuaires de la Grèce antique, des épreuves sportives et théâtrales étaient organisées en l’honneur des dieux.

La construction du théâtre se fait dans l’optique d’accueillir et de divertir la foule qui se pressait aux portes du sanctuaire, il peut ainsi accueillir 6000 spectateurs. Le site d’Epidaure est favorisé par rapport aux autres sites religieux par la douceur du climat, au milieu d’une pinède où les sources abondent et qui rendent le lieu unique et magique. On y organisait les Asclépiéia, un concours en l’honneur du dieu médecin, comprenant des courses de chevaux et, à partir du IV° siècle av. J.-C., des concours de poésie.

Le théâtre constitue l’une des toutes premières curiosités archéologiques de Péloponnèse. Il a été bâti à 500 mètres au sud-est du sanctuaire, adossé sur une colline, le koilon (qui signifie « le creux) et selon les plans de Polyclète le Jeune, architecte de la tholos de Delphes, autre site sacré majeur de la Grèce antique. Edifié à la fin du IV° siècle av. J.-C., il a servi de modèle à de nombreux autres théâtres grecs car il est considéré comme le plus accompli de tous les théâtres grecs antiques. Son orientation N.O, déterminée par la morphologie des collines avoisinantes, assure une qualité de spectacle exceptionnelle.

En effet, les spectateurs, et ce quelle que soit leur place, voyaient parfaitement la scène, sans être gênés par le soleil. L’acoustique est extraordinaire, elle est capable de propager jusqu’aux rangées supérieures le moindre soin produit au bas des gradins. Nous l’avons testée et l’on entend très bien quelqu’un placé sur la skènè (scène) parler du haut des 55 rangées de gradins dont le plus haut est situé à 22,50 m au dessus de l’orchestra. On imagine alors ce que pouvait donner une pièce d’Eschyle ou d’Euripide déclamée par des acteurs professionnels. Si le site d’Epidaure est d’une telle qualité, et qu’il nous frappe autant par sa beauté, c’est qu’il nous est parvenu jusqu’à nous dans un état exceptionnel. Si le théâtre et le sanctuaire sont pillés en 267 apr. J.-C. par les Hérules, puis en 395 par les Goths d’Alaric Ier ; les dégâts restent limités. La mise au jour du site, commencé au début du XX° siècle, se poursuit depuis les années 1950. L’édifice est découvert quasiment intact grâce à la pinède et à la couche de terre qui le recouvraient. Les gradins de calcaire gris, presque tous d’origine, n’ont été restaurés que sur les deux ailes. Les restaurations font, de plus, appel à des pierres d’une teinte légèrement différente taillées sur le site, respectant le principe de réversibilité. Respectant à la fois le site, en enrayant sa dégradation, et l’unité architecturale du lieu, cette technique montre qu’une conservation réelle des témoins de notre riche Histoire est possible si on a en tête l’idée de préservation tout en profitant du lieu.

Mais de nos jours, ce lieu n’a plus l’importance qu’il avait dans l’Antiquité. Joyau du passé hellénistique, il n’a plus ce statut de pôle social, sacré et culturel. Situé dans le dème d'Asklépion, à environ 10 km à l'ouest de la petite cité portuaire de Palea Epidavros, les seuls qui viennent se déplacer sont les touristes. Mais fort de ce pouvoir d’attraction touristique est un atout majeur, il aide à la préservations des structures en un état de conservation optimale. Ainsi le théâtre a bénéficié de restaurations entre 1954 et 1963, ce qui a permis en 1954 l’ouverture du Festival d’Epidaure. Tous les vendredis et samedis soirs, de juin à septembre, ont lieu des représentations de drames antiques, comme les tragédies de Sophocle, mais aussi des spectacles lyriques de haut niveau ; Maria Callas s’y est illustrée dans Norma en 1960, ainsi que d’autres manifestations culturelles.

 

Emilie B Khâgne42 2011

 

Khâgne 42 Lycée Fauriel

photo prise en Juin 2010

 

D'autres photos du voyage d'étude 2010

Rédigé par François Arnal

Publié dans #cartes postales géographiques

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