cartes postales géographiques

Vendredi 9 septembre 2011 5 09 /09 /Sep /2011 18:02

80- Paysage sicilien vu depuis Ségeste-copie-1Le paysage sicilien vu de Ségeste. Photo P. Dupuy 2011

 

Sur cette photographie apparaît la vue que l’on a une fois arrivés au théâtre de Ségeste. Elle représente un paysage sicilien typique : nous sommes ici dans l’ouest de l’île, dans la province de Trapani. Ce qui est intéressant, c’est que la photo se décline en plusieurs parties : la plaine cultivée se situe au premier plan, avec une continuité rompue par le tracé d’une autoroute. Cette plaine est entourée par de nombreuses collines et montagnes qui ont le mérite de nous rappeler que la Sicile est un territoire très montagneux, image qui ne nous vient peut-être pas à l’esprit quand on pense à la Sicile. A l’arrière-plan, on peut deviner l’eau : il s’agit ici de la mer Tyrrhénienne, ce qui nous rappelle cette fois l’omniprésence de l’eau qui confère à la Sicile sa notion d’insularité. Ce paysage offre donc véritablement une sorte de synthèse du territoire sicilien.

 

            Mais cette vue se mérite : le théâtre de Ségeste se situe en effet à 400 m d’altitude. Les aménagements touristiques mis en place sur le site antique de Ségeste fournissent une navette pour effectuer de façon rapide la montée mais il est également possible d’effectuer cette même montée à pied, depuis le parking, ce que nous avons fait lors de notre voyage, et ce que les Ségestins du Vème siècle av. J.C. faisaient sans nul doute. C’est donc après une randonnée assez longue, en montée, et sous une chaleur étouffante que nous découvrons cette vue. Assis sur les antiques gradins du théâtre, c’est bien à ce moment que l’on peut prendre conscience de la splendeur du paysage. Une nouvelle fois, on se met à la place du Ségestin qui venait au théâtre. Le théâtre grec n’est pas romain : il n’y a aucun frons scaenae, aucun mur derrière la scène, ce qui fait que c’est ce paysage, dépouillé de ses éléments modernes bien sûr, qui sert de toile de fond à la représentation. On imagine donc les acteurs déclamer sur une scène qui devient comme un piédestal au milieu de ces montagnes. Encore aujourd’hui, tout spectateur a le souffle coupé par la proéminence du mont sur son environnement et sur le théâtre. On dirait même que le mont donne à toute prestation une nouvelle ampleur (comme celle d’Élise dans la photo ci-dessous).

 

40- Élise en représentation-copie-1

Elise chante a capella dans le théâtre de Ségeste. Photo P. Dupuy 2011

 

            C’est une terre jaune mais aussi verte qui s’offre en premier lieu à notre vue. Les parcelles jaunes que l’on peut apercevoir sont des cultures de blé, ce pourquoi la Sicile a tant été prisée au cours des siècles : il a même été dit que la Sicile a été le « grenier à blé » de l’Empire romain. Les parcelles vertes semblent être vues de loin des vignes, le pendant du blé dans la célèbre « triade méditerranéenne » blé / vigne / olivier. En tant qu’espace méditerranéen, ce paysage remplit donc les premières attentes que l’on peut avoir de lui. Les habitations sont ici peu répandues : on ne voit sur la photo que des exploitations agricoles. L’autoroute A29 a été percée à la fin du XXème siècle afin de lier tout le réseau routier nord de la Sicile, de Messine à Trapani. Elle a été généralement mise en place comme ici dans les vallées mais, montagnes obligent, beaucoup de tunnels ont dû être creusés pour permettre le passage de cette autoroute. En suivant la route sur la gauche de la photo, on peut la voir s’engouffrer dans la montagne dans l’un de ses nombreux tunnels. Enfin, l’arrière-plan nous révèle la côte. La ville de Ségeste avait beau être située en hauteur, elle n’en était pas moins proche de la mer comme presque chaque point de la Sicile. En peu de temps, on peut arriver au niveau de la mer, et en continuant à l’est, vers Palerme, ville qui elle concentre une forte densité de population. Montagnes et vallées, terres vertes et terres sèches, terres peu habitées et villes denses, la Sicile apparaît géographiquement bel et bien comme une terre de contrastes.

 

            C’est pourquoi j’ai donc choisi cette photo : pour tout ce qu’elle dit sur la Sicile en général. Le site d’où on peut apercevoir ce paysage n’est pas anodin : le théâtre de Ségeste reflète la grandeur antique de la Sicile et c’est précisément ce point qui nous offre une vue de la Sicile d’aujourd’hui, partagée entre cultures et côte, s’avançant dans la modernité, comme le montre la fameuse autoroute qui sert justement de point de fuite sur la photo que j’ai prise.

 

DUPUY Pierre

K42 Fauriel

D’autres photos de Ségeste ici :

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Mercredi 7 septembre 2011 3 07 /09 /Sep /2011 18:45


Sélinonte Rimbaug G

Photo Guillemette Rimbaud 2011

 

Sur cette image on peut voir un paysage aux lignes très géométriques, coupé en son milieu à l’horizontale, délimitant d’un côté l’horizon, le ciel bleu pur de Sicile et de l’autre les ruines d’un temple de Sélinonte. En effet, ces ruines ne sont pas ordinaires, ce sont celles s’un ancien temple grec détruit il y a plusieurs milliers d’années par un tremblement de terre.

Sur la ligne d’horizon  un homme se tient debout, au milieu des ruines, immobile, le regard tourné vers la mer.

 

J’aime ce paysage car il représente la lutte « éternelle » de l’homme contre la nature, un combat qui a commencé depuis des millénaires. D’un coté les hommes, voulant dompter la nature et la terre en lui imposant des monuments, comme des temples, de l’autre, la terre qui s’est « vengée » avec un tremblement de terre. Et en réponse, les hommes on voulu reconstruire. L’homme debout dans les ruines symbolise aussi le conquérant, le maître, qui veut dominer l’œuvre de ses aïeuls, alors même qu’il est fasciné par elle. C’est donc, en même temps qu’un combat entre l’homme et la nature, une lutte pour la grandeur des hommes à travers les époques.

 

Ce paysage est aussi le symbole du passage du temps, notamment au travers des ruines. L’homme, malgré son génie, est donc soumis aux aléas du temps qui passe et ne peut que contempler les désastres qu’il provoque. De plus il n’y a quasi ni arbre ni végétation : le paysage semble figé, quasi mort : où est donc la vie dans ces ruines ? En même temps, le ciel bleu et ensoleillé symbolise aussi une sorte de renaissance : hélios, (le soleil en grec) est vigoureux, jeune, et plein d’avenir. Ce sont donc les contraires, les opposés qui sont réunis dans ce même paysage, avec l’homme pour témoin, à la fois responsable et impuissant. Il ya donc une réelle ambigüité dans ce paysage qui est à la fois intemporelle et vestige du passé, essoufflé mais aussi très vivant, beau et triste à la fois.

 

Sélinonte F Arnal

Photo F Arnal 2011

 

Et puis j’aime aussi ce paysage, pour sa beauté tout simplement. Avec ses lignes épurées, droites, coupantes, cette immensité, car le paysage ne semble pas avoir de fin. Séduite par cette idée de confrontation permanente et d’immobilité du monde dans lequel nous vivons, et en voyant ces ruines, se sentir drôlement proche des hommes de l’antiquité, qui somme toute, avaient les mêmes préoccupations que nous : la beauté et la grandeur pour s’imposer dans un monde toujours plus sauvage. Et il traduit, tout en simplicité mais avec toute la complexité, les liens entre l’homme et la nature. En un sens, cette image est un paysage d’éternité.

 

 

Guillemette Rimbaud

HK 42 Lycée Fauriel

D’autres photos de Sélinonte ici :

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Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 18:24

 

            " J'aimerais tant voir Syracuse " ...


Et nous sommes partis voir Syracuse, au sud est de laSicile, au bord de la mer Ionienne.

 

Syracuse

Syracuse Photo Nina Michalsky Juin 2011

 

            Nous ne sommes plus du côté des hautes collines de Ségeste ou Sélinonte, nous sommes aujourd'hui à Syracuse, une ville qui était considérée par Cicéron comme la plus belle cité du monde, rivale d’Athènes par la puissance et le prestige.

            A Syracuse, la beauté du paysage réside dans le charme d'une petite ville. Ville située sur un site splendide au creux d'une baie, et dont les principaux témoignages de son passé glorieux se trouve sur l'île d'Orthygie qui prolonge la ville moderne.

            Je suis restée très admirative devant ce paysage urbain qui donne à la presqu'île d'Orthygie des airs de Venise : devant nous un petit port où les bateaux de pêcheurs restent amarrés, attendant sagement qu'on les emmène en mer. La ville semble si calme,  comme déserte, comme si l'habitant avait cessé toute activité pour nous laisser le passage, l'esprit libre de découvrir tout le charme de l'île en cette magnifique journée de juin, une journée où le ciel d'un bleu très azur, semble se confondre avec la mer à l'horizon.  

Ce splendide paysage qui s'offre à nous, nous laisse imaginer la vie que les habitants peuvent mener ici: on devine le bruit très calme des oiseaux survolant le port, les marchands d'épices du marché tout près des vestiges du temple d'Apollon, laissant dans les petites ruelles, une légère odeur méditerranéenne, les pêcheurs rentrant au port en fin de journée quand un petit air rafraîchit la ville, le soleil se couchant le soir sur la mer Ionienne ensevelissant la ville sous une douce couleur orangée...

Une magie semble flotter sur Syracuse. Cœur spirituel et physique de cette ville, l’île d’Ortygie (Ortigia) nous laisse découvrir un véritable palimpseste culturel où toutes les époques , que ce soit grecque, normande, aragonaise ou baroque, s’entremêlent dans une belle harmonie, faisant de cette ville, une ville unique.

 

Syracuse

Syracuse,  l’île d’Ortygie : des airs de Venise. Photo Nina Michalsky Juin 2011

 

            Si l'on regarde bien le paysage face à nous, on aperçoit déjà les fenêtres géminées du palais de style néogothique, d'un rouge effarant, appartenant à la demeure du poète Antonio Cardile.

 

Syracuse

Le Théâtre d'Appolon.  Photo Nina Michalsky Juin 2011

 

 

 

            Tout, dans cet havre de paix, participe à charmer les visiteurs curieux. Le Ponte Nuovo d'où cette photo a été prise, qui relie l'île à la terre ferme, mène à la Piazza Emanuele Pancali, prolongée par le Largo XXV Luglio, sur lequel s'élèvent les ruines imposantes du temple d'Apollon, construit en 565 avant JC. et considéré comme le plus ancien temple grec de Sicile. Si ces ruines peuvent paraître décevantes, elles sont pourtant le reflet d'une Antiquité que Syracuse a laissé survivre. Un œil sceptique se pose d'abord sur ces ruines en contrebas comme un trou vers le passé au beau milieu de la ville; on pourrait croire qu'une météorite est passé par là laissant apparaître un passé qu'on aurait voulu enfouir sous le sol. Il ne reste pas grand chose du temple d'Apollon et pourtant ces ruines sont le symbole d'une Antiquité très glorieuse pour la ville de Syracuse. Ce n'est d'ailleurs pas, sur la presqu'île, l'unique symbole de cette période.

 

Syracuse

Le front de mer, Photo Nina Michalsky Juin 2011

 

Après une ballade sur le front de mer, côté plus touristique de la ville, bordé de marchand de glaces artisanales, on arrive sur la place d'Archimède, plus vivante en ce jour de juin, (cette place doit son nom à l'habitant le plus célèbre de la ville de Syracuse), où on peut en effet admirer la belle fontaine mythologique d'Aréthuse où poussent des papyrus ; Aréthuse est une nymphe qui, selon la légende, aurait été transformée en source par Artémis; encore un monument qui semble sorti de nulle part, un monument qui transforme la ville et lui donne quelque chose d'unique.

 

 

Syracuse

Les rues de Syracuse. Photo Nina Michalsky Juin 2011

 

            Un peu plus loin, de splendides ruelles pavées, dominées par ces balcons en fer forgé, nous mènent à la cathédrale du Duomo qui s'impose sur la très belle et très calme Piazza del Duomo.

 

Syracuse

Piazza del Duomo Photo Nina Michalsky Juin 2011

 

Puisqu'elle fut construite en 1693, sur les ruines encore en bon état du temple d'Athéna datant de -480 avant JC., cette cathédrale est elle même un palimpseste historique et culturel.

Monument assez extraordinaire, cette cathédrale chrétienne laisse apparaître une façade baroque et pourtant à l'intérieur, surprise, de gigantesques colonnes en marbre des Cyclades apportent à la cathédrale une atmosphère très austère et antique. Sur cette magnifique place, on peut aussi apercevoir le palais Benevantano del Bosco, reflet d'une époque baroque tardive en Sicile mais florissante; un palais qui est d'ailleurs reconnu comme « l'une des réalisations les plus achevées du baroque de Syracuse ».

 

            Orthygie est le cœur historique de la ville de Syracuse, marqué par une richesse et une diversité architecturale frappante, et qui est d'ailleurs, depuis 2005, inscrit au patrimoine mondial établit par l'UNESCO. Ainsi s'y mêlent modernité et héritages antiques, nature et architecture à la fois ancienne et moderne. Une ville qui m'a semblé si animée et pourtant déserte, en tout cas, une ville qui m'a beaucoup marqué.

 

 

 

Syracuse

Le théâtre grec Photo Nina Michalsky Juin 2011

 

            Syracuse plus archéologique est distant de la presqu'île mais il suffit de franchir de nouveau le Ponte Nuovo et de gagner le site de Neapolis, unique au monde pour apercevoir le théâtre grec, le plus grand d'Occident, formidablement conservé.

 

 

Syracuse

l'Oreille de Denys Photo Nina Michalsky Juin 2011

 

 

            Non loin du théâtre, un chemin bordé d'orangers et de citronniers, nous mène aux latomies du Paradis, une ancienne carrière de pierre où s'échinaient esclaves et ouvriers. On peut voir encore l'empreinte laissée par le tyran Denys (-406 -367 avant JC.) dans la caverne qu'on appelle l'Oreille de Denys, à l'acoustique exceptionnelle : la légende raconte que le tyran espionnait les confidences des prisonniers qu'il enfermait à l'intérieur.

Autour de la caverne, on peut se balader dans un splendide jardin, à l'ombre des magnolias, des citronniers et croiser par moment un figuier de barbarie qui pousse sur un rocher, arbre original omniprésent en Sicile.

 

 

            Syracuse restera pour moi, la plus belle ville de Sicile, et c'est envahie par un flot d'émotions et de sensations que je termine cette journée, quelques pas encore sous une chaleur étouffante pour rejoindre le car dans lequel nous remontrons, prendre un dernier éclat de rire en voyant un camarade repartir avec un éventail totalement "kitchouille" sous le bras sans même se rendre compte qu'il vient de l'"emprunter" à un petit vendeur au bord du canal...

 

Nina Michalsky

Khâgne 42 Fauriel


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Vendredi 19 août 2011 5 19 /08 /Août /2011 18:38

 

 

Naples

Entre chaos et beauté

 

Naples F Arnal 1

Naples en Juin 2011 Photo F Arnal

 

 

La première chose qui m'a frappé dans Naples c'est son chaos. La ville semble plongée dans l'anarchie la plus complète. Cette photographie est très représentative de cet aspect car elle montre au second plan les ordures ménagères qui ont envahi la ville. Les ordures s'amoncellent encombrant les trottoirs comme une sorte de labyrinthe. À cette odeur nauséabonde s'ajoutait la chaleur du mois de juin, la visite de la ville napolitaine fut donc éprouvante. Sur le chemin menant au Musée Archéologique de Naples (MAN), nous avons pu constater l'urbanisme anarchique de la ville napolitaine. En effet, certaines rues sont très étroites comme nous pouvons l'apercevoir au dernier plan. La circulation est donc ardue, les voitures ont du mal à passer dans les rues étroites, ce qui peut expliquer la prolifération d'engins motorisés plus maniables comme le scooters. Naples m'a donc semblé de prime abord une ville en proie au chaos. À cela s'ajoutait également bon nombre de préjugés.

 

Naples F Arnal 2

Naples en Juin 2011 Photo F Arnal

 

 

Naples est une ville en proie à la corruption, selon l'avis général. Elle semble dominer par la mafia soit la Camorra, comme le montre Roberto Saviano dans son livre Gomorra, Dans l'empire de la Camorra. La réputation de cette ville est donc salie par les organisations mafieuses. Naples est non seulement connue pour la corruption qui y règne, mais également pour son taux de chômage très important. L'emprise de la mafia est visible sur cette photographie. En effet le ramassage des ordures est problématique, notamment à cause de la corruption mafieuse. Cet aspect de la ville accentue la fracture du Mezzogiorno. Le nord de l'Italie étant très industrialisé, le sud fait pâle figure. Il est en effet peu développé. Le tourisme semble peu important dans Naples, à cause du chaos qui règne dans son cœur.

Le Musée Archéologique de Naples (MAN) ressemble à un ilot de paix dans une mer déchaînée. Nous venions de traverser la ville sous une chaleur étouffante et d'être confronté à la violence de cette ville. Le musée nous a semblé très silencieux et très épuré face au chaos. Cependant il semblait vraiment hors de la ville, comme n'en faisant pas partie. On peut donc dire que Naples est victime de nombreux préjugés : chômage , mafia et chaos. Cependant ma perceptive a changé au cours de la journée. La ville napolitaine a révélé sa beauté cachée.

 

Naples F Arnal 3Naples en Juin 2011 Photo F Arnal

 

 

Du chaos, des pépites émergent il faut faire très attention et prendre son temps dans cette ville enchevêtrée. Nous avons vu de nombreuses petites rues qui donnent un charme vraiment particulier. Le linge est suspendu entre les balcons et les ruelles fleurissent. Naples semble abriter des décors de cartes postales. Il faut donc passer outre l'apparent chaos. On a pu observer l'importance de la religion dans la vie des Italiens. À chaque coin de rue, un autel surgit ployant sous le poids de fleurs.

 

Naples F Arnal 5

Naples en Juin 2011 Photo F Arnal

 

Il était très agréable de se promener dans les petites rues qui révèlent de vrais trésors comme une fontaine ouvragée, cachée dans un écrin de maisons. La plus surprise fut la chapelle minuscule de San Severo qui abritait le christ voilé de Sanmartino. San Severo semblait assez banale d'extérieur mais l'intérieur était magnifique : le marbre des statues était tellement travaillé qu 'il ressemblait à du tissu, aussi léger et aérien. La beauté de Naples est cachée et il faut savoir aller au-delà des apparences.

 

 

 

Dominique Gallotti

K42 Fauriel

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Vendredi 19 août 2011 5 19 /08 /Août /2011 13:44
 

 

Ce qui me reste du voyage encore quelques semaines après, ce sont les ambiances, les sons et les couleurs de l'île, plus encore que l'histoire des hommes.

 

Excursion à Ségeste Chloé

Photo Chloé Chassignole Juin 2011


Si les temples comme ceux de Sélinonte demeurent imposants, les témoins de l'Histoire et les symboles d'un savoir-faire et d'une civilisation, j'ai surtout retenu la flore tout autour qui semble leur tenir compagnie. Ils entretiennent un dialogue continu; "Qui de nous deux..." pour reprendre les paroles d'un Chedid à la coiffure de chouette. Comme une lutte belle et irréductible, entre la nature, la floraison du temps qu'il fait et qui passe, et l'édifice, l'architecture d'un temps qui voudrait rester debout fièrement une bonne éternité. Cette lutte fracassante est discrète pour nous, petits mortels. Sans prendre véritablement conscience de celle-ci, avec de l'amour et du respect pour ce qui nous fonde, ou peut être simplement par instinct de survie, nous veillons à la conservation de nos souvenirs face à leur usure.

 

Les ruines d'Herculanum restent les témoins fidèles d'une époque vieille d'une vingtaine de siècles, et peuvent encore guider notre imagination, la reconstruction mentale de telle rue ou de telle villa. Nous sommes à l'oeuvre, nous les humbles maçons d'un instant, qui cherchons sur la pierre et dans ses formes, à retrouver l'histoire de nos ancêtres.

 

Après tout, "un caillou reste un caillou", dans le sens où il est immuable

et qu'il conserve l'histoire de nos racines depuis des siècles.

 

Excursion à Ségeste Chloé 2

Photo Chloé Chassignole Juin 2011

 

 

Cependant cet affrontement devient plus visible à Marinella : les pierres, éparpillées par l'éternuement un peu trop violent des Titans, sont déjà recouvertes par la verdure ou encore envahies par des pas de touristes, des sauts d'historiens, des dérapages et des défis de funambules. En voyant ces colonnes à terre, je prends plus conscience de la force et de la volonté qui ont fait qu'elles ont été un jour debout, et je grimpe avec les autres sur ce désordre de pierre comme une plante grasse ; cette usure, tout en étant tragique, est malgré tout une source de jeu et de défi.

 

Où sont alors passés les maçons ? Ils sont redevenus enfants, marchant sur la tête des ancêtres sans trop y penser. Une aire de jeu de cette taille, quel enfant n'en a pas rêvé ? J'en voudrai certainement à mon arrière-arrière-petit fils de marcher sur les ruines de ma chambre, mais je pense alors à ce fameux carpe diem. Vivre un souvenir au plus près pour en retenir quelque chose, c'est aussi sentir son usure, et par notre présence l'user aussi un peu plus. Il y a ici une rencontre des générations bien plus captivante que celle de la file d'attente du supermarché.

 

Je ressens une grande admiration devant ces monuments, car je sens qu'ils représentent la vraie conquête d'une maîtrise et d'un affranchissement de l'homme vis-à-vis de la nature. Mais l'usure fait qu'un caillou n'est plus qu'un caillou; c'est dumoins ce que l'on entend hurler autour de soi lorsque, comme tout touriste au moins une fois dans sa vie, on décide de ramener de lourds trésors dans sa valise. Je reviens alors convaincue qu'un site antique n'est pas simplement quelque chose qui se voit et s'imagine, des colonnes observées avec une relative distance: il y a tout ce qu'il y autour, le climat, la végétation et le relief dans lesquels sont ancrés les édifices. Tout au long du voyage, j'ai ressenti ce bel équilibre entre l'instant présent et ces époques du passé.

 

Excursion à Ségeste Chloé 3

Photo Chloé Chassignole Juin 2011

 

Cette photo a été prise durant l'excursion à Ségeste, avant d'aborder le théâtre. Elle me fait beaucoup sourire, mais elle m'interpelle également. Je l'ai choisie car, dans nos bagages, quelqu'un a eu cette bonne idée d'emmener, non seulement un historien, mais aussi un géographe. S'il y a une lutte entre histoire humaine et nature, la concurrence entre l'historien et le géographe pourrait peut être l'illustrer...

Ce qui est évident, c'est que tous partent à l'aventure, coiffés d'un chapeau à la Indiana Johns sous le soleil écrasant.

Le géographe a cette attitude particulière : sur chaque site, comme ici à Ségeste, il s'arrête souvent en chemin. Il a laissé fermenté dans son crâne les noms de ces plantes, arbres, pierres, reliefs et paysages divers; les anecdotes s'entremêlant telle une toile d'araignée, sa mémoire répond alors aux appels de chaque plante qu'il croise. Cette photo pourraît illustrer l'idée que l'homme géographe, dans cette randonnée, se confond presque avec la nature.

Et comment ne pas se laisser envahir tout au long de cette marche comme tout au long du voyage ? Car c'est bien une invasion, belle et vivante qui travaille chacun de nos sens: la petite absinthe sur le chemin de Ségeste titille l'odorat, le rose des lauriers nous croise un peu partout, tel un leitmotiv sicilien, la variété des nuances de la végétation vient combler le vide du sol déjà sec. Il y a aussi le souvenir du basilic du dernier hôtel gravé sur votre palais, et parfois aussi, l'embrassade un peu vive des chardons violets, ou des herbes sèches, dont vos pieds ou vos bras se souviennent encore. L'environnement de certains sites m'a autant marqué que la spécificité historique elle-même. Tous deux constituent une part importante du vécu des lieux et de ce que l'on en retient.

 

En effet, la Sicile est riche de ce passé historique, perdu dans une diversité de paysages. Il est impossible sur l'île de définir un climat homogène. La flore est abondante, variée et les couleurs changeantes avec le passage du printemps à l'été. La garrigue, les oliviers sont typique des paysages méditerranéens;cependant si l'on descend plus au sud, on peut rencontrer le Sirroco, ce vent d'Afrique venu déposer du sable autour de plantes aux airs exotiques. Mer, volcan et montagnes se cotoient. La Sicile est ainsi le lieu des rencontres : celle des cultures, des hommes, des âges et des plantes, les fruits de diverses importations.

 

La morale de l'histoire...

Que l'on soit romain ou stéphanois, sommes-nous plus des maçons-archéologues ou bien des poètes épicuriens ? On pourrait finalement considérer l'homme comme un jardinier : ses fleurs de pierres sont, bien entendu, plus solides que les herbes sèches que tassent les talons du visiteur, mais elles sont toutes aussi éphémères. Voilà que nous cultivons notre jardin, en érigeant des colonnes, de grands tuteurs pour une floraison humaine particulière qui demeurera quelques siècles. Cependant un bon jardinier agit en ayant conscience de ce compromis avec la nature. Je me dis alors, oh candide visiteuse, que chacun d'entre nous pourrait, tout aussi bien, trouver son jardin d'Eden terrestre, en habitant les lieux, en élevant un cairn sur la plage...

Tout cela en gardant à l'esprit cette cohabitation et ce qui nous échappe encore. Le plus beau et le plus motivant dans cette jolie lutte, c'est qu'il y a un équilibre à trouver, à consolider et à préserver. Le même défi qu'un équilibriste entre deux pierres ou que le cuisinier qui jongle entre les saveurs. Nous ôtons les mauvaises herbes, on se fait l'allié des autres et nous recomblons toujours notre usure. Un caillou, mine de rien, inspire beaucoup. Un jardin se cultive sans cesse.

C'est pourquoi durant les visites, j'ai eu le sentiment d'être en compagnie de deux "présences" distinctes, et cela non pas à cause d'une substance illicite qui aurait aterri dans l'assiette de risotto de la veille. Celle de l'Histoire, à laquelle nous partons à la recherche, finie, immuable, conservée par la pierre, et celle de la nature, elle aussi propre au lieu, éphémère mais qui renaît perpétuellement. J'ai adoré vivre cette rencontre autant qu'une remontée dans le passé.

 

La vraie morale de l'histoire : c'est bien l'intérêt du voyage pédagogique ; pouvoir se rendre sur les lieux.

La biliothèque est un endroit chaleureux, et qui rassure par son savoir imposant, mais l'on ceuille et l'on retient encore beaucoup plus en sortant de la maison, car il y a des expériences qui ne se lisent pas dans les livres. "Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage..." On ne voyage jamais aussi bien que sur ses deux pieds et les sens en éveil.

 

(Et comme "beaucoup de choses sont éphémères", il faudra recommencer...)

 

Chloé Chassignole

HK42 Fauriel

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Préparation à l'agrégation interne Histoire Géographie Académie de Lyon
Arnal François 6/012/06
Epreuve de géographie: commentaire de documents


Sujet : Urbanisation et développement durable des territoires.
Liste des documents :
1 Extrait de la carte de Montpellier Est
2 Images satellite Google Earth Val d’Europe
    2.1 image générale
    2.2 image Google Maps
3 Image satellite Google Earth Rousset
4
À vélo... à La Rochelle
5 Statistiques IFEN environnement.

6 Entre ville et campagne : un nouvel espace de vie.

7 Lyon Confluence : comprendre le projet urbain

8 La loi SRU dossier de presse
9 La ville dense et durable :
10 Lyon Confluence plan à terme
11 Urbanisation et mobilité

12 Les géographes face au développement durable

13 Entre territoires et réseaux

14 Carte de l’évolution des terres

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