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Préparation à l'agrégation interne Histoire Géographie Académie de Lyon
Arnal François 6/012/06
Epreuve de géographie: commentaire de documents


Sujet : Urbanisation et développement durable des territoires.
Liste des documents :
1 Extrait de la carte de Montpellier Est
2 Images satellite Google Earth Val d’Europe
    2.1 image générale
    2.2 image Google Maps
3 Image satellite Google Earth Rousset
4
À vélo... à La Rochelle
5 Statistiques IFEN environnement.

6 Entre ville et campagne : un nouvel espace de vie.

7 Lyon Confluence : comprendre le projet urbain

8 La loi SRU dossier de presse
9 La ville dense et durable :
10 Lyon Confluence plan à terme
11 Urbanisation et mobilité

12 Les géographes face au développement durable

13 Entre territoires et réseaux

14 Carte de l’évolution des terres

Présentation

Mardi 7 avril 2009




Gran Torino est un film sur l'Amérique des années 2000. Les paysages urbains sont présentés à travers le prisme de la crise de « l'industrial belt ». Regardons ce film avec un oeil de géographe.


 A Détroit les usines qui fabriquaient la Gran Torino cette automobile mythique de Starsky et Hutch sont en difficulté. La société elle aussi traverse la crise. Les banlieues pavillonnaires sont désertées par les classes moyennes blanches et remplacées par les minorités ethniques. Dans ce film ce ne sont pas les noirs et les hispaniques mais les asiatiques et plus particulièrement les Hmongs qui nous sont présentés.

Les Hmong sont un peuple d'Asie, originaire des régions montagneuses du sud de la Chine au nord du Viêt Nam et du Laos., Après la guerre du Vietnam, ils ont du fuir leurs montagnes et se sont réfugiés aux Etats Unis où on les retrouve dans le film de Clint Eastwood.

 Embauchés dans l'industrie automobile puis créant leurs propres entreprises dans les services, c'est une partie de la communauté en mal d'intégration qui est présentée dans le film à travers la question des gangs de quartiers tentant de recruter Thao le jeune voisin de Walt Kowalski (Clint Eastwood).



Kowalski est un vétéran de la Guerre de Corée, les asiatiques il les connaît et leur attribue des noms racistes et les méprise. De la guerre il a conservé son fusil M1. Il a perdu sa femme catholique pratiquante et tue le temps en buvant de la bière à flot sortie de sa glacière à ses pieds. Devant lui la pelouse est encore entretenue mais ses voisins sont partis laissant le quartier aux populations Hmongs. Les maisons se dégradent, les façades de bois ne sont plus repeintes et les nains de jardin disparaissent. Il est le dernier à planter la bannière étoilée au fronton de sa maison.

Walt tient comme à la prunelle de ses yeux à cette voiture fétiche, aussi belle que le jour où il la vit sortir de la chaîne. Lorsque le jeune et timide Thao (Bee Vang) tente de la lui voler sous la pression d'un gang, Walt fait face à la bande, et devient malgré lui le héros du quartier. Sue (Ahney Her), la soeur aînée de Thao, insiste pour que ce dernier se rachète en travaillant pour Walt. Surmontant ses réticences, ce dernier confie au garçon des "travaux d'intérêt général" au profit du voisinage.

Gran torino est aussi un film sur le vieillissement de la société, l'ancien ouvrier de chez Ford ne comprend plus les jeunes et leurs habitudes, il ne comprend plus ses fils qui veulent le placer dans une maison de retraite (les « resorts » privés) et l'incitent à quitter son quartier (pour rejoindre peut-être une « gated community »). Il ne comprend sa petite fille accrochée à son téléphone portable le jour des obsèques de sa grand mère.
Les paysages de ce film ne sont pas des grands espaces mais des rues désertées, des passages piétonniers entres les maisons défraîchies où les gangs sévissent et s'en prennent au jeune Thao.



Le site des Cafés géographiques analyse le film sous l'angle de l'opposition entre le devant (front yard) et le derrière (back Yard) de la maison.



« Si le bonheur est de cultiver son jardin, Eastwood, lui , y va à grands coups de bêche dans le front yard garden de l'inconscient collectif américain. Le jardin et la maison sont le point nodal de Gran Torino. On peut y voir un cheminement quasi magnétique : Eastwood acteur puis réalisateur n'a, en effet, pas son pareil pour se confronter cinématographiquement aux grands mythes américains. La crise économique et l'âge venant, il continue d'épouser, de frotter et de gratter l'identité américaine et ses fondations spatiales. Quittant les routes, après deux quasi road movies (Un monde parfait et La route de Madison) où il explorait l'imaginaire asphalté de l'Amérique rurale profonde, bifurquant des rues de ces deux derniers films plus urbains, banlieusards (Mystic river et Million Dollar Baby), Eastwood, semble ici garer voiture et caméra. Comme par effet de zoom se recentrer encore, sur la cellule de vie élémentaire de la société américaine : la maison. Cet ensemble maison/jardins/car alley, receptacle du vertige des grands espaces américains une fois la conquête de l'ouest achevée, Gran Torino y puise son énergie, celle des grands films ».



« La maison et surtout les jardins sont donc métaphores de l'Amérique. L'Amérique d'Eastwood célèbre, il faut le reconnaître, les « bons » migrants, ceux qui savent rester fidèles aux traditions tout en admirant l'Amérique, ceux qui travaillent de leurs mains, à l'image des bâtisseurs du pays et à l'opposé des « mauvais » migrants, ceux des gangs. Mais Eastwood ne tombe jamais complètement dans le manichéisme et Gran Torino critique également frontalement l'hypocrisie de l'Amérique blanche qui s'est perdue quelque part dans les villas exurbaines et les resorts pour personnes agées ».
D'après Bertrand Pleven


La bande annonce et les photos du film :



Vous pouvez retrouver les lieux de tournage sur Google Earth

        Nous sommes loin des banlieues de Wisteria Lane, nous sommes dans la "Rust Belt" et non dans la "Sun Belt". La scène dans laquelle une bande de jeunes afro américains provoque la jeune Sue, la sœur aînée de Thao montre ce paysage délaissé avec de grands vides, des carrefours surdimensionnés dans un pays qui consomme son espace et ses ressources.

Gran Torino est un film américain de Clint Eastwood, sorti en 2008.

Par François Arnal - Publié dans : geofac
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Mardi 3 février 2009
Pour vous changer les idées, fêter la victoire de M Desjoyaux et faire de la géographie autrement, je vous propose un article extrait de l’excellent site des Cafés géographiques.

 Le « Vendée Globe » ou l’ « Everest des mers » : comment revisiter le sixième continent.



 La géographie étudie la planète Terre mais bien souvent on néglige ce qui constitue plus de 70 % de la planète bleue : l’océan.
L’océan est un espace, un territoire avec lui aussi des lieux, des flux, des aires ou des paysages.

 Comment une géographe analyse cette fabuleuse aventure à la voile, quelle lecture géographique de cette aventure sportive peut –on faire ?

Il y est question de vécu, de territorialités, de projection cartographique, de climatologie, de points, de lignes ou de discontinuités ou ruptures, de paysages maritimes, de haut lieu.


 « Le « Vendée Globe » est une illustration intéressante pour montrer que la navigation à voile permet aussi de penser la notion d’espace et de territoire au niveau de l’Océan. Celui-ci est parfois considéré comme un espace uniforme jouant le rôle de simple support pour la navigation. Il n’en est rien. Comme nous le montrons dans cet article, des régions y sont identifiées par les navigateurs. Ces régions ou « moments d’océan » se divisent en zones météorologiques auxquelles sont associés des paysages et des perceptions ».



 Camille Parrain est Doctorante-Monitrice, LIENSs - UMR-CNRS 6250 - Université de La Rochelle




« Le « Vendée Globe », course autour du monde à la voile en solitaire, considérée par les navigateurs comme « l’Everest des mers », offre aux géographes l’occasion de revisiter la planète bleue à travers une pratique, mobile, sur un espace mobile, le mobilis in mobile. La nature changeante et mouvante des océans associée à une pratique « nomade » constitue la principale difficulté pour qui cherche à saisir la relation entre les usagers et le milieu océanique ».

Camille Parrain

 

Retrouvez l'article intégral ici :

Par François Arnal - Publié dans : geofac
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Mardi 27 janvier 2009


Le finage de notre Dame du Pré en Savoie module 3D vue vers le nord (Source Geoportail IGN)


Géomatique, SIG, MNT, TIC, géonumérisation, le vocabulaire de la géographie se complexifie avec les nouvelles technologies de l'information.
La cartographie s'en trouve renouvelée.
Le grand public utilise quotidiennement les services comme Google Earth, Google Maps ou le Geoportail de l'IGN.

 Quel peut en être l'apport pour le géographe ?

Pourquoi utiliser ces nouvelles sources d'information géographique, comment réaliser des croquis, des schémas à l'aide de ces nouvelles images ? La coupe topographique réalisée sur papier millimétré par des générations d'étudiants est elle enterrée définitivement au profit des modèles numériques de terrain ?

La Géomatique est apparue dans les années 80, ce néologisme regroupe les terme de géographie et d'informatique.




Le relief de la Tarentaise  vers Moutiers (Savoie) Source Geoportail


Quelques définitions : par Sylvain Genevois 2008

  • Géomatique
 « terme apparu au Canada dans les années 1960, afin de désigner l'utilisation des technologies numériques pour acquérir, traiter, visualiser et communiquer l'information géographique. Assez proche des métiers de la cartographie et des sciences d'observation de la Terre, la géomatique tend aujourd'hui à s'ouvrir aux sciences humaines et sociales. Elle débouche sur un grand nombre d'applications, qui dépassent le champ de la géographie, dans le domaine de l'aménagement, de l'urbanisme, du géomarketing, de l'histoire, de l'archéologie... La géomatique comprend une panoplie d'outils, dont les Systèmes d'Information Géographique (SIG), mais également les bases de données à références spatiales, les systèmes de télédétection et de modélisation numérique, les outils de localisation et de navigation en deux ou trois dimensions (cartographie sur Internet), les environnements virtuels (globes virtuels).... L´outil central et fédérateur de la géomatique est le Système d'Information Géographique (SIG). Dans la mesure où la géomatique désigne plus globalement l'association de la géographie et de l'informatique, on peut également y inclure les outils de cartographie numérique ».

  • Modèle numérique de terrain (M.N.T) :
"permet de représenter le relief (x, y et z = latitude, longitude, altitude), en donnant à chaque point d'un quadrillage l'altitude du point correspondant sur le terrain. L'usage d'un MNT permet de draper une image sur un relief (2D et demi) ou de créer des environnements virtuels en trois dimensions (vraie 3D)".

  • Système d'information géographique (S.I.G, en anglais G.I.S) : 
"Un SIG permet la saisie, le stockage, le traitement, la visualisation et la diffusion de l'information géographique.
Par rapport aux autres outils géomatiques, le SIG se caractérise par son approche multicouche et multisclaire permettant le croisement d'informations géographiques. Un SIG ne se réduit pas à un environnement informatique. Il combine des ressources de nature différente : une base de données (organisée en fonction d'objectifs bien précis), des outils matériels et logiciels pour organiser ces données en système d'information, un ensemble de compétences, de procédures et de méthodes pour traiter ces informations. Au delà de la simple gestion, le SIG permet de répondre à un problème posé sur un territoire et de mettre en évidence le fonctionnement de systèmes spatiaux. Il permet le traitement d'informations très diverses (cartes, images, statistiques, textes), l'analyse spatiale, la modélisation et la simulation en testant des hypothèses."



Le finage de notre Dame du Pré en Savoie module 3D vue vers le sud ouest (Source Geoportail IGN)

Les SIG  et l'image numérique dans l'enseignement de la géographie

« Il ne faudrait pas que, sortant peu à peu de leur fascination pour la carte, les géographes tombent dans une autre sidération, celle de l'imagerie numérique des SIG. »
Michel Lussault (2007). Líhomme spatial. La construction sociale de líespace humain, Seuil.

La géomatique, c'est-à-dire l'utilisation des technologies numériques pour acquérir, traiter, visualiser et communiquer l'information géographique, comprend de très nombreux domaines d'application dans le monde professionnel. L'usage de ces technologies (système de localisation GPS, globes virtuels sur Internet, systèmes d'information géographique ...) commence à se diffuser dans la vie quotidienne et dans le domaine éducatif. Nous nous intéressons ici aux questions posées par l'introduction des outils géomatiques dans l'enseignement de la géographie. L'intégration de la géomatique ne va pas sans poser de nombreuses questions qui relèvent du champ de la géographie, de l'épistémologie, de la didactique, mais aussi de l'informatique, de la cartographie, de la psychologie cognitive, de la sociologie des usages. Elle fait rejouer de vieux débats sur la place et le rôle de la carte dans l'enseignement et l'apprentissage de la géographie, mais pose aussi la question des technologies de l'information géographique comme nouvel outil du géographe, comme manière différente de concevoir, d'enseigner et d'apprendre la géographie.
Sylvain Genevois Quand la géomatique rentre en classe.
Usages cartographiques et nouvelle éducation géographique dans l'enseignement secondaire Thèse soutenue à St Etienne le 3 décembre 2008 Université Jean Monnet de Saint-Etienne Centre de REcherche en ENvironnement et Aménagement (CRENAM) UMR 5600 Ville et environnement


Notre Dame du Pré extrait de la carte IGN 1/25 000 Moutiers (Savoie)

La géographie d'aujourd'hui et surtout la cartographie avec son épreuve redoutable du commentaire de cartes ne peuvent ignorer ces nouveaux outils. Cette démarche du commentaire de carte topographique  est sélective pour les concours de l'ENS/ LSH, du CAPES ou de l'Agrégation d'histoire ou de géographie. Un élève de classe préparatoire fait 2 heures par semaine de cartographie en 1° année s'il est optionnaire et 4 heures en seconde année.
L'étudiant doit savoir lire une carte, il doit savoir lire le relief sur la carte topographique. On peut lui demander de construire une coupe topographique simple.
Au papier de la carte de la carte IGN se rajoute aujourd'hui l'écran de l'ordinateur.
Au concours de l'ENS / LSH  de cette année 2009 un dossier documentaire sera joint à la carte 1/50 000) de l'IGN, il pourra comporter des extraits de ces sites comme le Géoportail ou Google Earth sous la forme de capture d'écran.
Il est donc nécessaire de se préparer à l'usage de ces nouvelles technologies du point de vue didactique et du point de vue scientifique.


Parcelles cadastrales sur le fiange de Notre Dame du Pré (alpages de la Grange à Mars) Source Geoportail IGN

« Les changements actuels sont plus certainement liés à la diffusion rapide des outils géomatiques dans la vie quotidienne, qu’il s’agisse des systèmes de navigation (du type GPS*), des outils de géolocalisation* et de calcul d’itinéraire ou encore du développement de la cartographie en trois dimensions sur Internet (Google Earth ou Géoportail…).

Ces nouveaux outils cartographiques rencontrent un vif succès auprès du grand public. Même si l’usage domestique de ces outils « sociaux » interroge sur la validité et la fiabilité des savoirs scientifiques mis en jeu, ces outils géomatiques donnent une certaine vision de l’espace et sont susceptibles de renouveler notre rapport au monde, voire notre manière d’appréhender les phénomènes géographiques ».

S Genevois 2008



Pour Sylvain Genevois qui vient de soutenir sa thèse et qui enseigne à l'IUFM de Lyon , il faut partir du postulat que l'introduction d'un nouvel outil cartographique dans le cours de géographie ne permet pas d'enseigner mieux, mais simplement d'enseigner autrement.

La carte qu'on affiche au mur de la classe (les célèbres Vidal Lablache sur les murs des écoles de la République) ou celle qu'on consulte dans un manuel - cède la place progressivement à la carte numérique et au « globe virtuel » en trois dimensions, que l'on visualise ou que l'on manipule soi-même sur l'écran d'un ordinateur. Quoi de plus stimulant que de présenter par effet de zoom un lieu grâce à une image satellite de précision que l'on peut manipuler en faisant jouer l'orientation ou l'inclinaison, en rajoutant des couches d'information cartographiques thématiques.
Reste à savoir si la carte est un simple support d'illustration, de visualisation ou un réel support de réflexion d'apprentissage de l'analyse spatiale, de la construction de croquis, de modèles pertinents.

S Genevois pense que l'instrumentation des pratiques cartographiques constitue un moyen, non une fin en soi pour renouveler la géographie scolaire.

L'usage des outils géomatiques est susceptible de compléter ou de renouveler l'outillage intellectuel du géographe.
L'utilisation de ces nouveaux outils doivent permettre non seulement la visualisation de l'information géographique, mais aussi son analyse et son traitement en vue de favoriser le raisonnement géographique.


Le risque d'avalanche sur la commune de Notre Dame du pré (couche fournie par le CEMAGREF) sur le Geoportail IGN

S. Genevois pose 4  questions :

1.    Les outils géomatiques sont susceptibles de renouveler l’accès à l’information, les modes de traitement et le statut de l’information géographique.


Comment passe-t-on de l’information au savoir géographique ? Quel rôle la visualisation et le traitement d’images et de données numériques jouent-ils dans la construction de connaissances et de savoirs-faire géographiques ? Quel est le statut de la carte, et plus particulièrement de la carte numérique, dans l’appropriation de démarches géographiques ? L’usage de ces nouveaux outils de cartographie numérique facilitent-ils ou modifient-ils la construction de l'espace géographique par les élèves ?


2.    Les outils géomatiques sont susceptibles de favoriser la maîtrise du raisonnement géographique par les élèves (analyse systémique, apprentissage de la complexité, démarche de résolution de problème).


Quelles sont les différentes formes de raisonnement (inductif ou hypothéticodéductif) qu’il convient d’implémenter dans ces outils pour les rendre véritablement efficaces ? Quels scénarios pédagogiques et quelles situations d’apprentissage convient-il de construire pour développer la lecture et le raisonnement géographique ? L’analyse spatiale à plusieurs échelles et le traitement complexe de données suffisent-ils à faire acquérir un raisonnement en géographie ? Faut-il aussi y intégrer des démarches de modélisation et de simulation ?


3.    Les outils géomatiques sont susceptibles de modifier la relation enseignant-élèves (en particulier le statut du professeur), mais aussi l'image et les finalités de la discipline géographique.


Comment passer de l'usage spontané d'outils grand public (globes virtuels, du type Google Earth ou Géoportail) à des pratiques pédagogiques construites et adaptées aux finalités de la géographie et de l’éducation ? Comment développer de nouvelles pratiques cartographiques qui répondent aux attentes de l'institution et de la discipline scolaires, mais aussi aux besoins de renouvellement de l’enseignement


4.    Les outils géomatiques sont susceptibles d’apporter une « plusvalue» pédagogique si on les adapte aux besoins des enseignants et des élèves.


Comment concevoir et expérimenter un SIG éducatif qui soit au service de l’enseignement - pour les élèves de collège-lycée - et de la formation - pour des enseignants en stage de formation initiale ou continue, notamment pour des formations en géographie ou en cartographie numérique ? Comment évaluer le potentiel pédagogique de cet environnement informatique et dégager des pistes de réflexion sur l’usage des outils géomatiques à partir de son expérimentation en collège-lycée ?




limites des communes.

"On peut définir la géonumérisation comme le processus de transcription au moyen d'outils informatiques des objets, êtres, phénomènes, activités, images, textes ... localisés sur la surface terrestre".
Source :  T Joliveau Université J Monnet St Etienne


parcelles cadastrales (source DIRECTION GÉNÉRALE DES
FINANCES PUBLIQUES EXTRAIT DU PLAN CADASTRAL INFORMATISÉ) cadastre.gouv.fr

Ce processus est souvent perçu à travers une dimension uniquement technique. Si celle-ci ne doit pas être négligée, mon objectif ici est de mieux comprendre ses enjeux géographiques, culturels, sociaux et politiques, et d'être à l'affut de ses différentes manifestations, y compris dans des endroits parfois inattendus.


photo aérienne de notre Dame du Pré (source Geoportail)

Pour plus d'information sur la géomatique :

Un lexique simple sur les  SIG :

quelques exemples de SIG

L'article de Wikipedia sur les SIG :

L'article Wikipedia sur les MNT :

un exemple de SIg sur les littoraux sur le site del'ENS LSH géoconfluences
Base de données cartographiques en ligne - Initiation aux Systèmes d'information géographique ( SIG - GIS en anglais)

la ville et les SIG :


Pour télécharger la thèse de Sylvain Genevois
Par François Arnal - Publié dans : geofac
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Samedi 10 janvier 2009
La réforme du CAPES :

Sur France Culture débat sur la réforme du CAPES.


Vous pouvez écouter cette émission en différé :

Des professeurs mieux formés parce que formés plus longtemps,
voilà le credo sur lequel s’appuie la réforme qui est en train de se mettre en place dans l’Education Nationale. Et d’ailleurs pourquoi pas ? Recruter les futurs enseignants à bac + 5 et revaloriser leurs débuts dans la carrière pour attirer les meilleurs étudiants, qui serait contre ?

Mais comment les former pour qu’ils soient aussi les meilleurs professeurs possibles ?
En France, nous privilégions depuis longtemps la formation disciplinaire, forts de cette conviction qu’une tête bien faite et bien remplie est la meilleure garantie d’un bon enseignement. Ailleurs en Europe, on semble persuadé que l’enseignement lui-même s’enseigne : la place faite à la formation strictement professionnelle (stage, didactique,…) est largement supérieure à celle que nous lui faisons.


Avec la réforme en cours, verra-t-on la spécificité française disparaître ?
Oui et cependant non.
L’idée de former demain les futurs professeurs à l’Université n’est pas mauvaise en soi, elle mettrait fin à la durable polémique qui entoure les IUFM depuis leur création mais l’Université axée par nature sur la transmission des savoirs sera-t-elle capable d’assurer la prise en charge des candidats sur le plan professionnel ? En a-t-elle les moyens et les compétences ?

Quant aux nouvelles formes du concours, elles provoquent elles-aussi le mécontentement, vidant les épreuves de leur contenu disciplinaire, au profit de la pédagogie, et risquant cette fois de tordre le bâton dans l’autre sens.
Place au débat.


L'épreuve sur dossier (l'ESD) disparaîtrait au profit d'une épreuve de recrutement (un entretien d'embauche)  devant des chefs d'établissement sur la connaissance générale du système éducatif et administratif.. De même une épreuve tous azimuts testant des connaissances générales l'histoire générale de l'humanité) et superficielles présente un risque majeur. Le CAPES ne peut devenir le Jeu de Mille euros, ou Questions pour un Champion.

    Invités
 
Laurence de Cock.  Professeur agrégée d'histoire (a enseigné 10 ans en ZEP à Nanterre)
Formatrice à l'IUFM de Versailles
François Perret.  Doyen de l'inspection générale du ministère de l'Education Nationale
François Dosse.  Historien et philosophe
Professeurs des universités à Paris 12 et à l'IEP de Paris.
Martin Andler.  Professeur de math à l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines

La réforme du CAPES entraîne des réactions virulentes de la part de la communauté des historiens-géographes. François Dosse et d'autres ont mis en ligne un appel depuis décembre 2008 signé par plus de 1000 collègues et font part de diverses contributions pour améliorer et non détruire la formation des profs d'histoire-géographie et leur recrutement :

"La précipitation avec laquelle est menée la réforme du recrutement des enseignants a jusqu’alors largement empêché qu’un vrai débat s’instaure sur le contenu de cette réforme. Ce premier constat justifie à nos yeux la demande d’un moratoire pour la mise en œuvre des nouvelles dispositions, d’autant plus que le cadrage actuellement proposé laisse de nombreuses dispositions concrètes en suspens. Ce moratoire devrait au minimum permettre une mise au point d’un cadrage national précis des nouveaux masters établi par discipline. Parmi les mesures proposées celle qui supprime le stage en responsabilité des néo-titulaires nous semble particulièrement lourde de conséquences négatives : il est nécessaire que les néo-titulaires puissent bénéficier d’une décharge de cours très significative pour bénéficier d’une vraie formation professionnelle en liaison avec leur pratique de classe (formation en alternance). Concernant les autres mesures et sans prendre ici position sur l’économie générale du dispositif proposé par le ministère, nous tenons à faire des remarques de principe que nous inspire l’expérience de nos enseignements et de la formation des enseignants en histoire et en géographie" :
Christian Delacroix François Dosse et Patrick Garcia.

Par François Arnal - Publié dans : geofac
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Lundi 13 octobre 2008
Le paysage de Vals dans les Grisons une montagne entre tradition et modernité.


Le paysage constitue notre cadre de vie et bien souvent reflète nos activités et influence notre humeur.
Il traduit notre relation à la nature et à la vie. Entre le paysage et le jardin il n'y a qu'un pas, les jardiniers sont des paysagistes et les jardiniers ne sont pas indifférents aux paysages qu'ils contemplent. Ils savent ce que travailler la terre veut dire et que rien n'est acquis car le paysage est essentiellement changeant pour le meilleur ou pour le pire quand nous jugeons qu'il se dégrade.


Pour cette escale dans la vallée de Vals, nous allons nous intéresser au versant faisant face aux thermes, ce versant que les baigneurs des thermes de Vals ont sous les yeux, ce versant qui est resté intact mais que l'innocent aurait tort de qualifié de naturel.

Le plan des thermes à l'entrée du village. Source Thermes de Vals.

Si vous ne connaissez pas les thermes de Vals allez faire un tour sur ahah,

vous y découvrirez un bâtiment extraordinaire construit par Peter Zumthor architecte suisse qui vous fera réfléchir sur la qualité architecturale ou paysagère d'un bâtiment.


Ce Bâtiment reconnu et primé au niveau international par l'architecture a fait l'objet d'un reportage diffusé sur Arte.

Le centre du village, situé à 1 252 mètres d'altitude, s'appelle Vals-Platz.

Ici l'on parle le dialecte suisse allemand de Vals. Les Valsers sont des Haut-Valaisans qui, il y a environ 700 ans, peuplèrent les vallées les plus élevées des Grisons.


Les versants sont en effet cultivés et soignés en permanence, non pas par des labours mais des prairies de fauche. Les agriculteurs font plusieurs récoltes de foin par an afin de remplir leur grange et passer l'hiver sous la neige. La forêt a été défrichée, les rochers ont été déplacés ou soigneusement contournés par les routes ou les constructions. Ici tout n'est qu'artefact la nature a été modelée par le travail humain.


A Vals, le modèle classique adret ubac ne fonctionne pas, le versant photographié ici est le versant qui regarde vers l'ouest et qui reçoit le soleil du soir. Celui qui lui fait face reçoit le soleil du matin . Ici tout est défriché ou presque . Seuls les versants les plus raides et les plus rocheux sont abandonnés à la forêt, seuls les points les plus élevés du finage sont laissés aux espaces sylvicoles. Il faut aller plus en amont au dessus du village de Vals pour le retrouver une orientation de type adret ubac : le versant orienté vers le nord est recouvert de forêt alors que le versant lui faisant face au soleil de midi devrait être défriché.

Vue du village en direction de l'ouest.

L'opposition se fait ici plutôt entre le haut et le bas. Le bas est habité en permanence et le haut est occupé ponctuellement en été. Le contraste est net entre le bas et ses chalets d'habitation et le haut et ses chalets d'alpage. Pour tenir comptes difficultés du terrain et de l'éloignement des sites d'habitation entre l'été et l'hiver des chalets granges sont aménagées tout au long du versant et servent de réserves à foin ou parfois au niveau inférieur d'abri pour le bétail. Aujourd'hui le foin est redescendu dans la vallée dans de grandes granges modernes la mécanisation a permis de changer de mode vie.

Les Thermes de Vals

Plusieurs modèles de chalets cohabitent : le chalet de la vallée souvent en pierre, le chalet de bois lui aussi dans la vallée sert alors de grange dans les hauteurs du bâtiment.
Le chalet de mi-pente et le chalet d'alpage.
Henri Jaques LE MEME déclare en 1946 en réponse à la nouvelle demande d'habitat en montagne :
« Il ne peut donc être question de copier l'habitation montagnarde mais il faut seulement s'en inspirer pour créer un chalet résolument contemporain où les lignes extérieures s'allient à celles de l'architecture traditionnelle locale, mais où la distribution et le confort répondent bien au programme précis et spécial  ».
Carline Guillaume architecte.

L'usine d'embouteillage de l'eau inérale Walser à Vals

A y regarder de plus près cependant l'économie de cette vallée s'est diversifiée, outre l'activité thermale signalée dans les notes du blog ahah, existent aussi une usine d'embouteillage de l'eau Walser, et des remontées mécaniques.
Bien sûr nous sommes là aussi loin du modèle de station à la française comme les géographes français le qualifient, nous sommes bien dans le modèle germanique décrit par Rémy Knafou.

Rémy Knafou propose, dans ce numéro, une analyse des transformations des Alpes. Il met en évidence une interrelation constante entre perception et gestion du milieu, hier comme aujourd'hui.
C'est le XVIIIe siècle qui "invente" les Alpes. Les premiers aménagement de loisirs sont intimement liés aux représentations positives qu'en donnent des générations de peintres et d'écrivains, suivis par les premiers "touristes". Durant le siècle suivant, l'ouverture à l'industrie et au tourisme de masse impose une nouvelle image des Alpes.
Aujourd'hui, face aux problèmes qui concernent l'ensemble de la chaîne (pollution croissante des vallées, surcharge touristique, zones en déclin, extension des voies rapides et des zones construites, etc.), les Alpins s'organisent ; certains s'attachent à développer une agriculture "labellisée", les régions coopèrent ignorant les frontières, les différents États ont signé avec l'UE une convention sur la protection d'un patrimoine considéré comme vital pour l'Europe.
Assistons-nous à la construction d'une identité alpine ?

R. Knafou.
  • Pages 56-57 - Le modèle touristique germanique
                           La station et le site de Grindelwald
  • P. 58-59 - Le modèle touristique français
                           Arcs 1800 : hôtels et résidences au milieu des sapins


Dans la vallée de Vals les aléas sont principalement de deux natures :  avalanche et surout torrentialité. Des travaux sont en cours en 2008 pour recalibrer tout le torrent en prévision de crues dévastatrices pour les habitations de la vallée.
Le village de Vals Platz a été inondé plusieurs fois dans son histoire par le torrent appelé Rhin de Vals (affluent du Rhin Antérieur).

si vous lisez l'allemand téléchargez ce fichier (de nombreuses photos d'archives explicites...)

Des murs ont été aménagés pour relever et calibrer le lit fluvial.

Voir aussi le dossier projetable  de la Documentation Photographique (rédaction F Arnal) avec une analyse détaillée de Grindelwald (Suisse) et des Arcs ( Savoie).


Source : site de la station de ski de Vals (webcam disponible)

pour en savoir sur l'urbanisation et l'architecture de montagne :

La télécabine se fond dans le paysage, les infrastructures touristiques sont implantées en fond de vallée.

ou encore l'excellent blog :
Altitudes Atelier d'architecture en montagne.
« L'architecture de montagne implique des stéréotypes dans l'imaginaire de chacun. Par ce blog, aux détours de visites, de découvertes, de lectures..., j'offre à chacun la possiblité d'enrichir cet imaginaire. La montagne devrait être vue au travers de l'architecture comme un paysage en devenir. »
Caroline Guillaume.


Dans le modèle germanique, le paysan a très tôt diversifié l'activité touristique, il a construit ses propres hôtels ou chalets à louer. L'agriculture est toujours vivante subventionnée par l'Etat helvétique conscient que la montagne fait partie de son identité nationale.


Les outils sont adaptés (tracteurs travaillant dans les fortes pentes, système de conduite pour le lait  (lactoduc ?) entre les chalets d'alpage et la vallée. Les photos prises sur ce versant des cabanes d'alpages à un niveau intermédiaire entre le village et les chalets d'alpage en altitude.
"Le lait de montagne frais est vendu dans la laiterie du village ; le lait restant est transformé en crème, en beurre, en yaourt et en fromage.
Les hôtels des thermes proposent de petits déjeuners copieux avec en priorité les produits laitiers de la vallée. Il y a quelques années, tous les paysans de Vals sont passés ensemble à l'agriculture biologique certifiée" .

Source : Site officiel de Vals.


Mais l'agriculture reste l'activité noble dans un système social original où le fait d'être agriculteur confère une position sociale éminente.. Le paysan est en quelque sorte un jardinier du paysage et ce paysage attire d'ailleurs le touriste...
Il y a actuellement quatorze alpages sur 100 km2 d'alpages. Mais les deux tiers du bétail en estive vient de plus bas dans les vallées voisines.Jusqu'au début du XX° siécle la population de la vallée dépend exclusivement de l'agriculture.
L'industrie est présente avec les deux activités de l'exploitation des eaux minérales et la production des pierres issues des carrières.

Le barrage de Zervreila fut construit en 1957, il fournit de l'hydroélectricité.


Source : www walser.ch

Le paysage ne porte pas l'empreinte trop forte du tourisme. Mais cela ne signifie pas que cette activité est délaissée bien au contraire nous l'avons vu dans les dernières notes. Ici le tourisme d'hiver ou d'été, sportif ou thermal s'intègre à toute l'économie locale. La commune reste maître de ses décisions d'aménagement. Les montagnards sont restés maîtres de leur destinée et l'architecture ou le paysage dans son ensemble le leur rend bien témoignant ainsi des différentes époques et des différents usages de la montagne entre « tradition et modernité ».

Le tourisme d'hiver se développe sur un versant exposé au nord. (source Google Earth 2008)

Le départ de la télécabine est situé à 1260 m, l'arrivée est à 1810 m au coeur des alpages.
Trois téléskis seulement desservent le sommet ver 2941 m au Dachberg.. En été l'activité du ski ne laisse aucune trace dans le paysage ; La différence avec le modèle français tient dans le fait que les hébergements se font dans la vallée et non en altitude et dans des petites structures aux mans des populations locales et non au mains de grands groupes financiers. La tentative de lancer un grand complexe hôtelier par le groupe allemand futur échec financier en 1570 racheté par la mairie pour relancer les thermes.
La vie économique de la commune est essentiellement tournée vers le tourisme. Les deux tiers du revenu communal provient de manière directe ou indirecte de cette branche économique.

Signe de la modernité géographique, la commune possède son SIG (système d'information géographique) dans lequel nous pouvons découvrir le parcellaire trame foncière du paysage clé de l'explication des différences visuelles (telle propriété est fauchée telle autre ne l'est pas).




L'habitat traditionnel dans les alpages (environ 1200 mètres d'altitude versant ouest face aux thremes visibles dans l'angle inférieur gauche de l'image). mélange du bois et de la pierre de Vals.

"Sur le territoire de la commune de Vals, on trouve toute une série de fermes typiques des Valsers qui furent jadis habitées pendant toute l'année. Aujourd'hui, la plupart d'entre elles sont encore utilisées comme cabanes d'alpage. À part Vals-Platz, seuls Camp, Leis et Valé sont habités à l'année. Les maisons et les étables sont recouvertes de dalles, comme il est mentionné dans la loi sur les constructions depuis 50 ans. Or, malgré le fait qu'au cours des dernières années beaucoup de nouveaux bâtiments furent construits, des parties entières du village présentent toujours un caractère authentique.

En 2000, Vals comptait selon les statistiques 885 habitants. Ce nombre est cependant trop bas du fait que les saisonniers ne sont pas inclus. En réalité, Vals compte environ 1 000 habitants. La population active travaille à 23 % dans l'agriculture et la foresterie, à 29 % dans l'industrie et le commerce et à 48 % dans le secteur des services. Cette sectorisation est légèrement falsifiée puisque les paysans exerçant l'agriculture comme activité accessoire sont comptés à part entière".


source : site de la commune de Vals :

Si  la recherche dans le champ du tourisme vous intéresse, retrouvez Rémy Knafou et son équipe de chercheurs sur le site de l'Adrets (ça ne vous rappelle rien ce terme géographique ?)

Association pour le Développement de la Recherche et des Etudes sur les TourismeS


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Par François Arnal - Publié dans : geofac
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