Carte postale géographique Barcelone par Caroline et Emilie
Publié le 22 Novembre 2008
Ce 23 octobre 2008, alors qu’il pleut sur la ville de Barcelone, le Parc Güell ne se
désemplit pas. A une échelle plus grande, nous pouvons voir que les promeneurs qui y déambulent sont autant des touristes, facilement repérables grâce à leurs appareils photo, que des
autochtones, heureux de pouvoir admirer leur beau pays.
De cet espace d’une vingtaine d’hectare qu’est le Parc Güell ne sont visibles sur cette photographie que le banc ondulant de 150 mètres de long recouvert de « trencadis
» (revêtement de surfaces fait de mosaïque) qui borde la place principale. Ladite place que l’on peut apercevoir en second plan, peut se comparer à un beau balcon avec une vue magnifique sur
Barcelone et à l’horizon sur la mer Méditerranée ; ainsi que la maison « Torre Rosa » dans laquelle l’architecte Gaudi vécut ses dernières années.
En effet, malgré leurs origines hétéroclites, ces promeneurs sont tous là pour admirer ou pour redécouvrir la manière dont l’architecte catalan Antoni Gaudi (1852-1926) avait
de penser l’architecture. Cette pensée s’incarne à merveille dans ce parc qui est une de ses réalisations les plus célèbres. Le Parc Güell devait être à l’origine une ville, une
cité-jardin que le mécène de Gaudi, le comte Eusebi Güell, avait demandé d’édifier sur une colline au sud de Barcelone, la colline El Carmel. Le projet devait
comporter une vingtaine de maisons et une chapelle mais le coût augmenta tellement que seuls furent achevés deux immeubles administratifs construits en pierre et couronnés par des dômes qui
rappellent des champignons, et l’un par la fameuse croix de Gaudi bleue et blanche que l’on peut observer sur la photographie, ainsi qu’une villa-témoin, la maison Torre Rosa présente à droite de
la photographie.
Mais ce projet arrêté en 1914 devient une propriété de la ville de Barcelone qui le transforma en parc public en 1923. Malgré cela, ce parc reste une véritable
œuvre d’art adaptée à l’échelle humaine. Il n’y a qu’à observer plus précisément la photographie pour s’apercevoir que tout est pensé pour créer du partage entre les hommes : le banc est conçu de
manière à ce que lorsque l’on est assis dans une boucle on est à l’abri du vent et l’on voit ses voisins dans un espace intime tout en ayant vue sur tout le reste du banc et lorsque l’on s’assoit
au bout du méandre, on s’ouvre au monde grouillant de la place et l’on s’offre ainsi aux rencontres.
De plus, Gaudí s'est efforcé de conserver le relief naturel et, laissant libre cours à son imagination, a donné naissance à une œuvre originale tout en courbes. Fidèle à son
style d’artiste appartenant à la mouvance moderne, il a créé une œuvre qui s'intègre à la nature et qui la reproduit, les colonnes des allées simulant par exemple des troncs d'arbres. Il veut
redonner à la nature son rôle légitime dans l’art architectural ce qui explique le choix des matériaux (brique, céramique, pierre), l'organisation de l'espace architectural, l'introduction de
formes nouvelles (spirales) et aussi l'amour de l'artiste pour les éléments naturels et végétaux traduit par la représentation de ces derniers (les toits des bâtiments évoqués ci-dessus par
exemple).
Cet ouvrage incomparable enrichit la ville de Barcelone tant pour son attrait touristique que par le prestige qu’il lui apporte car il a été choisi pour figurer sur la liste du patrimoine
mondial de l’UNESCO qui ne retient que les sites dits « culturels ou naturels d’importance pour l’héritage commun de l’humanité.»
Le parc Guëll fait partie intégrante de la ville de Barcelone on pourrait même qu’il a transformé la ville dans son aspect global. Ce n'est que longtemps après sa mort que
l'œuvre de Gaudí fut reconnue et appropriée par les Barcelonais, qui le considèrent aujourd'hui comme l'un des plus brillants enfants de la Catalogne. Aujourd'hui, ses constructions, et
particulièrement la Sagrada Família (dont on peut apercevoir les tours sur la photo), figurent parmi les meilleurs atouts du tourisme barcelonais. Antoni Gaudí est désormais
considéré à la fois par les spécialistes et le grand public.
Par Caroline D et Emilie B étudiantes en hypokhâgne du lycée Claude Fauriel de St Etienne (Loire).
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