Carte postale géographique de la ville d’Athènes vue de l’Acropole par Marlène

Publié le 7 Novembre 2010

 

Cette photographie est représentative des images contrastées que peut offrir Athènes à ses visiteurs. Prise du haut de l’Acropole, elle permet une vue en contre-plongée de la ville et de son urbanisme.

 

Athênes acropole Marlène

Photo Marlène S. 2010

 

L’Acropole est bien, comme son étymologie l’indique, un des points culminants de la ville avec ses 150m de hauteur.

Le visiteur, possédant déjà une certaine représentation mentale du site modelée par les livres ou les photographies, vient admirer le Parthénon ou bien l’Erechthéion et ses célèbres Caryatides.

En effet, l’Acropole est aujourd’hui un des sites les plus touristiques au monde grâce à ses trésors architecturaux. L’intérêt de ce point surélevé semble résider dans ses vestiges de l’esthétisme antique fait de temples aux lignes pures, travaillées. Le visiteur s’attend seulement à percevoir un paysage caractérisé par des lignes et des courbes harmonieuses, ordonnées. Seules des visions de colonnes élancées, aux teintes beiges claires, dorées par un soleil méditerranéen surgissent. Et l’Acropole incarne cette harmonie antique résultant d’éléments rectilignes, bien ordonnés les uns par apport aux autres.

 

Belle surprise.

Le visiteur semble résister à l’appel d’un tout autre paysage. En tournant le dos aux blocs de marbre, il fait la rencontre d’une mer de petits cubes aux dimensions irrégulières, paraissant se bousculer, s’enchevêtrer pour récupérer un semblant d’espace  : la ville d’Athènes, vue à partir d’un angle assez flatteur . Ressent-il un problème de conscience en « osant » se détourner du sublime ensemble architectural ? Peut-être est-il honteux d’être ému par une vue urbaine, alors que de prestigieux monuments se trouvent à quelques mètres, juste derrière soi. Pourtant, cette photographie possède bien une potentialité émotive. Il n’est pas étrange de trouver un charme à cette étendue grisâtre, d’aspect chaotique presque anarchique.

 

La ville d’Athènes est surprenante par son apparence désordonnée.

En passant en bus à travers les villages, le visiteur n’est même plus surpris de trouver un magasin d’électroménager isolé au beau milieu de résidences. Capitale culturelle de la Grèce, Athènes est aussi la meilleure illustration de cette absence de planification urbaine. Les quartiers les plus récents se sont construits sans ordre puisque Athènes possède une logique d’urbanisme très libérale. Le centre en vient à souffrir de congestion et de pollution. Ces problèmes sont présents depuis les années 1950s et 1960s avec l’arrivée de l’automobile. Avec l’absence de planification urbaine, la ville est engorgée par les automobiles et polluée. Les habitats et les activités se déplacent hors du centre. Ce « desserrement » entraîne une augmentation du nombre d’automobile puisque la population athénienne est plus dispersée.

 

La congestion et la pollution sont accentuées.

A la fin des années 1970, le ministère de l’Environnement prend conscience du problème et développe un certain nombre de projet visant à améliorer l’aménagement du centre urbain mais la crise paralyse ceux-ci, ils ne verront jamais le jour. Athènes se caractérise par ce violent contraste entre ses vestiges architecturaux antiques, modelés à partir de calculs précis, et cet urbanisme confus. Comme s’il s’agissait d’un véritable « oxymore paysagé ». Mais, bien que cette vue détient quelques charmes, une fois redescendu de l’Acropole, le visiteur ne peut que constater un ensemble de façades cimentées, grisâtres où les espaces verts se font rarissimes. Les athéniens, d’ailleurs, surnomment leur ville «  Tsimentoupolis », « ville de ciment ».

 

Cette photographie révèle aussi, au premier plan, un site en rénovation où les fouilles continuent , comme beaucoup en Grèce. Le visiteur peut être surpris, voire déçu puisque l’aspect quelque peu « en chantier » rentre en rupture avec l’esthétisme du lieu. Mais, sur cette photographie, il est fascinant de constater jusqu’à quel point le premier plan, « le chantier », se confond avec le second. Les blocs de marbres ressemblent, de forme et de teinte, étonnamment aux immeubles et habitats cimentés au loin. Il y a une sorte de continuité amusante dans cette vue , une illusion d’optique. Finalement, même les sites antiques conservent un aspect un peu brouillon à cause des travaux nécessaires à leur conservation.

 

Cette impression de confusion fait songer à celle de l’urbanisme de la ville .

Au loin, les collines ceinturent la ville. Elles expriment le calme qu’inspirent les campagnes au visiteur. Derrière ces monts, existe des paysages ondulés, colorés de jaune, de vert et de teintes terreuses, loin du grouillement d’Athènes.

 

Marlène S.

Khâgne 42 Lycée Fauriel

photo prise en Juin 2010

 

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Rédigé par François Arnal

Publié dans #cartes postales géographiques

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